En Belgique, plus de 3 millions de salariés bénéficient de chèques-repas, représentant un marché de plus de 3 milliards d’euros chaque année. Ce dispositif, considéré comme un avantage extralégal, permet aux travailleurs de financer une partie de leurs repas tout en bénéficiant d’un cadre fiscal avantageux.
Historiquement dominé par quelques grands acteurs, ce secteur connaît aujourd’hui de profondes transformations. Digitalisation, diversification des services et intégration avec de nouvelles plateformes modifient en profondeur son fonctionnement.
La digitalisation accélère la consommation des chèques-repas
Longtemps distribués sous forme de carnets papier, les chèques-repas sont désormais à plus de 80 % dématérialisés. Cette transition, amorcée il y a une dizaine d’années, a été largement accélérée par les acteurs majeurs du marché tels que Edenred, Sodexo et Monizze, qui gèrent la quasi-totalité des titres distribués en Belgique, a rapporté Le Soir. Désormais, les bénéficiaires disposent d’une carte rechargeable ou d’une application mobile permettant de régler leurs achats de manière simplifiée.
Avec plus de 3 milliards d’euros dépensés annuellement, la digitalisation présente plusieurs avantages. D’un côté, elle permet une meilleure gestion des transactions, réduisant les fraudes et les erreurs liées aux chèques papier. De l’autre, elle favorise l’intégration avec des solutions de paiement modernes comme Apple Pay et Google Pay, facilitant ainsi l’utilisation des chèques-repas dans les commerces partenaires. Cette évolution profite également aux employeurs, qui bénéficient d’une gestion administrative simplifiée et d’un suivi plus précis des dépenses.
Les supermarchés et les restaurants restent les principaux bénéficiaires de ce système, mais la digitalisation a permis une diversification des usages. En 2024, près de 15 % des paiements en chèques-repas ont été effectués via des plateformes de livraison comme Deliveroo et Uber Eats, signe d’une adaptation aux nouvelles habitudes de consommation.
Un marché qui se diversifie pour répondre aux attentes des consommateurs
Si les chèques-repas étaient historiquement limités aux repas en supermarché ou en restaurant, leur usage s’est élargi ces dernières années. Aujourd’hui, plus de 200 000 commerces en Belgique acceptent ce moyen de paiement, incluant des boucheries, des magasins bio, des épiceries locales et même certaines chaînes de magasins proposant des produits alimentaires. L’ouverture à de nouvelles formes de consommation répond à une demande croissante des salariés, soucieux de pouvoir utiliser leurs chèques-repas dans des circuits courts et auprès de producteurs locaux.
Les acteurs du secteur ne se contentent pas d’élargir la liste des commerçants partenaires. De nouveaux services ont vu le jour pour mieux répondre aux attentes des utilisateurs. Certains prestataires, comme Monizze, proposent des promotions et des réductions spécifiques pour encourager la consommation de produits issus de l’agriculture durable. D’autres, comme Sodexo, ont développé des offres combinées permettant d’associer les chèques-repas à d’autres avantages, comme les chèques-cadeaux ou les éco-chèques.







