Le début du mois d’avril s’accompagne de plusieurs changements importants en Belgique. Certaines mesures concernent directement le pouvoir d’achat des ménages, tandis que d’autres touchent les entreprises ou encore la sécurité dans certains quartiers. Entre hausse du salaire minimum, évolution des tarifs de l’énergie et réforme du chômage, plusieurs nouveautés entreront en vigueur dès le 1er avril.
La réforme du chômage mise en place par le gouvernement fédéral franchit une nouvelle étape à partir du 1er avril. Un troisième groupe de chômeurs de longue durée perdra le bénéfice de ses allocations. Cette mesure concerne les demandeurs d’emploi ayant cumulé moins de huit années de chômage complet au cours de leur carrière professionnelle.
Cette réforme prévoit de limiter la durée des allocations de chômage à un maximum de deux ans. Elle est appliquée progressivement afin de laisser le temps aux personnes concernées de se réorienter vers l’emploi. Le gouvernement justifie cette évolution par la volonté de renforcer l’incitation à reprendre une activité professionnelle.
Selon les estimations de l’Office national de l’emploi (Onem), près de 168.000 personnes pourraient être exclues du système d’ici au 1er juillet 2027. La réforme continuera en effet à être déployée par étapes dans les années à venir. Cette évolution constitue l’un des changements majeurs de la politique de l’emploi en Belgique.
Les tarifs sociaux de l’énergie en hausse dès le 1er avril
Les ménages bénéficiant des tarifs sociaux pour l’énergie devront également faire face à une augmentation au deuxième trimestre 2026. À partir du 1er avril, les prix du gaz et de l’électricité seront revus à la hausse. Cette évolution suit les ajustements réguliers liés aux fluctuations du marché énergétique.
Pour l’électricité, le tarif social monohoraire s’élèvera désormais à 23,767 centimes par kilowattheure. Le tarif bihoraire atteindra 25,468 centimes le kWh en journée et 24,257 centimes la nuit. Le tarif exclusif nuit sera quant à lui fixé à 20,309 centimes par kilowattheure.
Le tarif social du gaz naturel et de la chaleur augmentera également. Il atteindra 4,746 centimes par kilowattheure, soit une hausse de 5,1 % par rapport au trimestre précédent. Ces ajustements reflètent l’évolution des prix de l’énergie sur les marchés.
Une hausse du salaire minimum
Le salaire minimum connaîtra également une augmentation à partir du 1er avril. Le revenu minimum mensuel moyen garanti (RMMMG) progressera de 35,7 euros bruts par mois. Cette évolution s’inscrit dans le cadre des ajustements réguliers visant à préserver le pouvoir d’achat.
Avec cette revalorisation, le salaire minimum atteindra désormais 2.189,81 euros bruts mensuels. Ce montant constitue le seuil légal de rémunération pour les travailleurs âgés de 18 ans et plus. Il s’applique à l’ensemble des secteurs d’activité en Belgique.
Dans de nombreux secteurs, les conventions collectives prévoient toutefois des salaires supérieurs à ce minimum légal. Cette hausse reste néanmoins une référence importante pour les travailleurs les moins rémunérés. Elle concerne directement plusieurs milliers de salariés.
Des sanctions pour les entreprises non connectées à Peppol
À partir du 1er avril, les entreprises belges soumises à la TVA devront également respecter une nouvelle obligation. Elles sont tenues de se connecter au réseau Peppol, qui permet l’échange de factures électroniques structurées. Cette plateforme vise à moderniser et sécuriser les processus de facturation.
Depuis le début de l’année, les entreprises bénéficiaient d’un délai de tolérance pour se mettre en conformité. Ce délai arrive désormais à son terme. Le SPF Finances pourra commencer à appliquer des sanctions en cas de non-respect de cette obligation.
Les entreprises qui ne disposent pas encore des moyens techniques nécessaires pour envoyer ou recevoir ces factures électroniques pourraient s’exposer à des amendes. Toutefois, les autorités ont précisé que chaque situation sera examinée individuellement. Les circonstances propres à chaque entreprise seront prises en compte.
Nouvelles règles de sécurité près de la gare du Nord
Certaines mesures concernent également la sécurité dans les quartiers proches de la gare de Bruxelles-Nord. À partir du 1er avril, plusieurs commerces devront fermer entre 1 heure et 6 heures du matin. Cette règle concerne notamment les établissements situés dans les arrondissements Bruxelles-Brabant et Nord.
Les maisons closes de la rue d’Aerschot sont également concernées par cette décision. Cette mesure s’inscrit dans un plan de sécurité destiné à lutter contre la criminalité et la consommation de drogues dans ce secteur. Les autorités évoquent notamment la présence de trafics liés au crack et à l’héroïne.
D’autres dispositions accompagneront cette fermeture nocturne. La présence policière sera renforcée dans ces quartiers sensibles. L’interdiction de vente et de consommation d’alcool sur la voie publique sera également étendue afin de limiter certains comportements à risque.








