La Belgique est confrontée à un choix budgétaire difficile, alors que la coalition gouvernementale a décidé d’augmenter de manière significative les dépenses militaires pour répondre aux exigences de l’OTAN. Dès 2025, le pays devra consacrer 2 % de son PIB à sa défense, soit un montant supplémentaire de 3,7 milliards d’euros.
Cependant, cette décision ne fait pas l’unanimité, notamment au sein du parti écologiste Groen, qui craint un manque de contrôle sur la destination de ces fonds. La gestion de cette hausse budgétaire soulève des préoccupations quant à la transparence et à la participation du Parlement dans le processus décisionnel.
Une augmentation budgétaire controversée
L’augmentation du budget militaire fait partie des engagements de la Belgique envers l’OTAN, qui exige que ses membres allouent 2 % de leur PIB à la défense. Pour répondre à cette norme, la Belgique doit injecter 3,7 milliards d’euros supplémentaires dans ses dépenses militaires dès 2025. Ce budget considérable doit permettre de financer la modernisation de l’armée belge, mais les détails sur l’affectation de ces fonds restent flous.
Le parti écologiste Groen, actuellement dans l’opposition, exprime des inquiétudes majeures concernant cette augmentation, relate Le Soir. Selon les documents budgétaires, les 3,7 milliards d’euros sont intégrés dans un « crédit de défense provisoire ». Cela signifie que la décision sur l’affectation de ces fonds reviendra exclusivement au ministre de la Défense, Theo Francken, et au ministre du Budget, Vincent Van Peteghem, sans passer par le contrôle direct du Parlement. Le député écologiste Staf Aerts a dénoncé cette situation comme un « précédent dangereux », estimant qu’une telle approche contourne le rôle du Parlement dans la gestion des finances publiques.
Le manque de transparence quant à l’utilisation des fonds militaires est une source de mécontentement pour l’opposition. Groen craint que cette quasi-carte blanche donnée à Theo Francken ne permette des choix de dépenses qui échappent à un contrôle démocratique approprié. Le parti écologiste appelle à plus de rigueur et de clarté dans la gestion des fonds publics, soulignant que des décisions aussi importantes ne doivent pas être prises sans un débat parlementaire approfondi.
Réponses de la majorité et débats sur la transparence
Face aux critiques de l’opposition, certains membres de la majorité ont réagi pour rassurer les citoyens et les parlementaires. Frank Vandenbroucke, vice-Premier ministre de Vooruit, a contesté l’idée d’une carte blanche donnée à Theo Francken. Il a précisé qu’il y aurait bien un débat parlementaire sur les grandes orientations stratégiques en matière de défense, et que les dépenses seraient discutées au sein du gouvernement avant toute décision. Selon Vandenbroucke, des mécanismes de contrôle, tels que les « check and balances », seraient également mis en place pour éviter tout excès de pouvoir.
Nawal Farih, cheffe de groupe du CD&V, a soutenu cette position, précisant qu’il y aurait un accord collectif au sein du gouvernement pour déterminer l’affectation des fonds supplémentaires. « Aucune petite liste d’un ministre n’est à prendre ou à laisser », a-t-elle insisté, soulignant que l’argent des contribuables doit être dépensé de manière responsable et transparente.
De son côté, Axel Ronse, chef de groupe de la N-VA, a rappelé que le Parlement conserve un pouvoir de contrôle et peut toujours interroger le ministre de la Défense et le gouvernement sur l’utilisation des fonds militaires. Bien qu’il existe des mécanismes de surveillance, la question reste de savoir dans quelle mesure le contrôle parlementaire sera réel et effectif.








