Bruxelles : la grille des loyers accusée d’être “injuste” va être révisée cette année

La Région bruxelloise prépare la mise à jour de sa grille des loyers, jugée dépassée et contestée par les propriétaires pour son manque de représentativité.

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Bruxelles : la grille des loyers accusée d’être “injuste” va être révisée cette année. Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

À Bruxelles, la grille de référence des loyers, outil censé encadrer les prix et prévenir les abus, fait l’objet de vives critiques. Jugée dépassée par les professionnels du secteur immobilier, elle sera enfin révisée cette année. Une décision qui vise à rétablir la confiance entre propriétaires, locataires et autorités publiques.

La grille de référence des loyers bruxellois repose encore sur des données récoltées entre 2017 et 2020. En six ans, le marché locatif de la capitale a pourtant profondément évolué. Depuis 2025, plus de 17 000 contrats de location ont été enregistrés via la plateforme régionale IRISRent, un outil mis en place pour suivre les prix en temps réel. Malgré cela, les chiffres de la grille n’ont jamais été mis à jour, ce qui crée un décalage important entre les loyers de référence et la réalité du marché.

Ce constat a été rappelé par la députée Imane Belguenani (Open VLD), qui a interpellé la secrétaire d’État au Logement Nawal Ben Hamou sur la nécessité d’une révision rapide. Dans sa réponse écrite, la secrétaire d’État a confirmé qu’une actualisation de la grille serait menée en 2026 par l’administration régionale, rapporte Le Soir. L’objectif est de mieux refléter les prix réels et de redonner de la crédibilité à cet outil réglementaire.

Des critiques de plus en plus fortes du côté des propriétaires

Du côté des associations de propriétaires et d’agents immobiliers, le mécontentement grandit. Cinq unions professionnelles ont déposé un recours à l’automne 2025 auprès de la Cour constitutionnelle pour dénoncer le caractère “non représentatif” de la grille actuelle. Selon elles, la grille pénalise injustement les bailleurs, car elle classe comme “excessifs” de nombreux loyers pourtant conformes au marché.

Pour Imane Belguenani, cette situation crée un déséquilibre. “Il est stupéfiant qu’une grille de référence obsolète et non représentative ait désormais une force réglementaire accrue et soit utilisée pour qualifier d’excessifs des prix conformes au marché”, a-t-elle déclaré. Selon ses calculs, un logement sur trois à Bruxelles serait considéré comme “illégalement cher” selon cette grille, alors que les loyers sont simplement alignés sur la demande et les coûts d’entretien.

Un enjeu social et économique majeur

L’enjeu de cette réforme dépasse le simple cadre technique. Pour les associations de locataires, la grille actuelle reste utile, car elle permet de limiter certains abus dans un marché bruxellois très tendu. Les prix ont en effet fortement augmenté depuis plusieurs années, et la pénurie de logements abordables pèse sur de nombreux ménages.

Cependant, pour les économistes et les professionnels de l’immobilier, une grille mal calibrée risque de créer l’effet inverse. En décourageant certains propriétaires de mettre leurs biens en location, elle pourrait réduire encore davantage l’offre disponible et accentuer la crise du logement.

Vers une nouvelle grille de référence des loyers plus représentative

L’administration régionale bruxelloise a donc lancé le chantier de mise à jour pour 2026. Les nouvelles données seront basées sur des contrats récents, enregistrés via IRISRent, afin de refléter la réalité du marché. En attendant, la grille actuelle continue d’être indexée, même si elle reste fondée sur des chiffres anciens.

Cette révision est perçue comme une étape cruciale pour rétablir un équilibre entre protection des locataires et respect des droits des propriétaires. Mais sa réussite dépendra de la capacité des autorités à produire un outil fiable, transparent et réellement représentatif du marché locatif bruxellois actuel.

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