Le bonheur des Belges continue de décliner, selon une étude menée par l’Université de Gand et l’assureur NN. Après un léger rebond post-pandémie, le score moyen du bonheur a de nouveau chuté, passant de 6,73 à 6,53 sur 10. Face à l’instabilité économique et les incertitudes géopolitiques, le moral des Belges semble de plus en plus affecté.
Cette baisse du bonheur, bien qu’elle soit modérée, marque une nouvelle tendance à la baisse après une légère remontée observée jusqu’en 2024. En 2020, après les premières vagues de la pandémie, les Belges avaient attribué un score de 6,73 à leur bonheur, ce qui était un léger rebond par rapport aux années précédentes. Toutefois, depuis cette période, des facteurs externes comme la crise économique, les inflations élevées et les tensions géopolitiques semblent avoir miné cette reprise.
Les résultats de l’étude, réalisée auprès de 2 300 personnes, montrent qu’aujourd’hui, les Belges évaluent leur bonheur en moyenne à 6,53 sur 10. Bien que ce score reste relativement positif, il est clairement en baisse, ce qui reflète un malaise général dans le pays.
Les retraités moins heureux que les actifs
Une découverte marquante de l’enquête est que, pour la première fois depuis le début de l’étude en 2017, les retraités ne se déclarent plus plus heureux que les actifs. Traditionnellement, les retraités bénéficiaient d’un bonheur supérieur à celui des travailleurs, notamment grâce à leur retraite et à un revenu stable. Cependant, l’augmentation du coût de la vie et l’isolement social observés dans cette tranche d’âge pourraient expliquer ce changement.
Les retraités se retrouvent souvent confrontés à des problèmes de santé et à un manque d’engagement social, des facteurs qui pèsent lourdement sur leur satisfaction de vie.
Les chômeurs et les personnes en incapacité : une situation alarmante
Les groupes les plus vulnérables restent les chômeurs et les personnes en incapacité de travail, qui enregistrent des scores de bonheur particulièrement faibles. Les chômeurs obtiennent un score de 5,32, tandis que les personnes en incapacité tombent encore plus bas, à 5,13. Pour Lieven Annemans, professeur à l’Université de Gand et responsable de la chaire de recherche sur le bonheur, la perte d’autonomie et l’absence de but dans la vie sont les raisons principales de cette faible satisfaction chez ces groupes.
Ils se sentent souvent moins compétents, ce qui les conduit à un manque de sens dans leur quotidien.
L’impact des incertitudes économiques et géopolitiques
Les préoccupations économiques et géopolitiques actuelles, telles que l’inflation, les incertitudes sur les retraites, et la situation géopolitique mondiale avec des conflits comme celui en Ukraine, viennent exacerber le malaise des citoyens. Le professeur Annemans souligne que la perception de sécurité économique est un facteur essentiel pour maintenir un niveau élevé de bonheur, rapporte Sudinfo.
Le sentiment d’insécurité en matière de revenus et de conditions de travail affecte particulièrement les jeunes générations et ceux en situation précaire.
La nécessité d’un but dans la vie pour le bonheur
L’étude révèle également qu’un but dans la vie est crucial pour maintenir un niveau de bonheur satisfaisant. Les personnes ayant un projet personnel ou un objectif clair dans leur vie, que ce soit dans le cadre professionnel ou personnel, sont généralement plus heureuses. Ce facteur est particulièrement important pour les personnes en situation d’inactivité, comme les chômeurs et les retraités.
Redonner du sens à la vie, à travers des activités sociales, l’engagement civique ou encore le bénévolat, pourrait jouer un rôle central dans l’amélioration de la situation.








