L’alerte du Bureau du Plan : la Belgique en route vers un déficit historique

La Belgique pourrait voir son déficit et sa dette publique atteindre des niveaux alarmants d’ici 2031, selon les projections économiques du Bureau du Plan.

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La Belgique fait face à des perspectives budgétaires inquiétantes pour les années à venir. Selon le Bureau fédéral du Plan, sans nouvelles mesures politiques, le pays pourrait se retrouver avec un déficit atteignant près de 49 milliards d’euros d’ici 2031, soit 6,3 % du PIB, bien au-delà du seuil européen de 3 %. La dette publique, quant à elle, dépasserait les 122 % du PIB.

Les dernières projections économiques publiées par le Bureau fédéral du Plan révèlent une situation préoccupante pour les finances publiques belges. En 2031, le déficit de la Belgique pourrait atteindre 48,9 milliards d’euros, soit 6,3 % du PIB, bien au-dessus de la limite de 3 % imposée par l’Union européenne. Cette situation serait notamment le résultat de la hausse des charges liées à la dette publique, mais aussi d’autres facteurs tels que l’augmentation des dépenses de défense et des baisses d’impôts prévues en 2029 et 2030.

Le gouvernement avait pourtant réussi à réduire le déficit fédéral à 31,2 milliards d’euros dans son projet de budget pour 2026, soit 4,3 % du PIB, grâce à des mesures annoncées en fin d’année 2025. Mais selon les experts du Bureau du Plan, ces efforts seront insuffisants pour éviter un accroissement du déficit à 36,6 milliards d’euros (5 % du PIB) à la fin de la législature, et à 44,1 milliards d’euros (5,7 % du PIB) en 2031.

Les causes de la hausse du déficit budgétaire 

Le Bureau du Plan pointe plusieurs causes principales à ce dérapage budgétaire. Tout d’abord, la hausse des charges d’intérêt liées à la dette publique. Ces charges devraient augmenter considérablement au fil des années, impactant directement le solde des finances publiques. En outre, l’augmentation des dépenses militaires, en partie liée à l’engagement de la Belgique au sein de l’OTAN, et les baisses d’impôts promises, notamment pour 2029 et 2030, alourdiront également les finances publiques.

Parallèlement, les économies budgétaires envisagées ne devraient avoir qu’un effet limité au-delà de 2029, ce qui compromet les projections de réduction de la dette et du déficit.

Un faible taux de croissance pour l’économie belge

Dans un contexte où la croissance économique belge est relativement faible, le gouvernement pourrait être amené à revoir ses priorités pour maintenir l’équilibre budgétaire. L’économie devrait progresser de seulement 1,1 % à 1,4 % par an entre 2026 et 2031, une performance modeste comparée à celle des autres pays européens, souligne Le Soir. De plus, toute mesure visant à réduire le déficit, qu’elle passe par des hausses d’impôts ou des réductions de dépenses, risque d’entraîner un frein supplémentaire à cette croissance déjà modeste.

La Belgique se trouve à un tournant économique important. Si les prévisions restent inchangées, le pays pourrait voir son déficit et sa dette continuer de croître, menaçant à terme sa stabilité financière. Pour éviter cette situation, des réformes substantielles seront nécessaires pour contenir les dépenses publiques, maîtriser la charge de la dette, et stimuler une croissance économique plus dynamique. Toutefois, ces réformes devront être équilibrées pour ne pas freiner davantage l’activité économique et risquer d’aggraver la situation sociale et politique du pays.

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