La Belgique devrait encore trouver au minimum 7 milliards d’euros d’ici 2027

La Belgique devra faire face à une tâche budgétaire difficile dans un climat institutionnel fragile, tout en conservant la confiance des marchés et des partenaires européens.

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Trouver 7 milliards d'euros
La Belgique devrait encore trouver au minimum 7 milliards d’euros d’ici 2027 : la situation toujours aussi inquiétante : Crédit : canva | Econostrum.info - Belgique

Malgré les efforts budgétaires déjà entrepris, les finances publiques belges restent sous forte pression. Le Comité de monitoring a récemment revu à la hausse ses estimations pour 2025, confirmant une aggravation préoccupante du déficit fédéral. 

Le pays devra encore trouver au moins 7 milliards d’euros supplémentaires d’ici 2027 pour respecter les engagements pris auprès de l’Union européenne. Cette perspective met en lumière des déséquilibres persistants qui menacent la stabilité budgétaire à moyen terme.

Un déficit de 26,2 milliards d’euros attendu en 2025

La dernière estimation du Comité de monitoring révèle que le déficit du budget fédéral belge atteindra 26,2 milliards d’euros en 2025, soit 4,1 % du PIB. Ce chiffre est en hausse par rapport aux 23 milliards d’euros anticipés lors du précédent rapport de mars, qui correspondaient à un déficit de 4 % du PIB. Cette dégradation de 576 millions d’euros s’explique par une combinaison de facteurs défavorables sur le plan des recettes et des dépenses.

Les recettes fiscales accusent une baisse de 2,088 milliards d’euros, à peine compensée par une hausse des recettes non fiscales estimée à 311 millions. En parallèle, les dépenses primaires diminuent de 550 millions d’euros, mais cette baisse est annulée par une augmentation de 647 millions des dépenses liées à la sécurité sociale. Ainsi, le solde de financement de l’Entité I, qui inclut le pouvoir fédéral et la sécurité sociale, se détériore sensiblement.

Au regard des engagements pris vis-à-vis de l’Union européenne, deux objectifs doivent être respectés : maintenir un déficit public sous la barre des 3 % du PIB, et viser un surplus primaire structurel (déficit hors charges d’intérêts). Pour respecter ces critères, il serait nécessaire d’identifier au minimum 7 milliards d’euros supplémentaires d’ici 2027, et jusqu’à 24 milliards à l’horizon 2030. Ces montants s’ajoutent aux mesures déjà prévues par le gouvernement actuel, notamment en matière de pensions, chômage ou soins de santé.

Des orientations politiques contestées face à une trajectoire inquiétante

Au-delà des chiffres, la stratégie budgétaire actuelle suscite de vives critiques. Un expert en finances publiques, s’exprimant sous couvert d’anonymat, estime que le pays s’enfonce dans une impasse financière malgré les ajustements engagés. Il juge que le gouvernement sortant, dirigé par Bart De Wever, « est en faillite » et mène la Belgique « vers la faillite », rapporte Sudinfo. Selon lui, les coupes dans les politiques sociales au nom d’une meilleure gestion budgétaire ne sont pas fondées sur les données disponibles.

L’expert considère que les politiques menées – réductions dans les dépenses sociales au profit de mesures fiscales et de dépenses militaires – ne permettent pas de contenir les déficits, ni de stabiliser la dette. Il critique également le refus du gouvernement de reconnaître l’échec de cette trajectoire, et son attitude à l’égard des institutions indépendantes comme le Bureau fédéral du Plan, le Conseil supérieur des Finances ou la Banque nationale, dont les avis sont de plus en plus remis en question.

Les tensions politiques internes compliquent par ailleurs la mise en œuvre de nouvelles mesures. Le pays est dirigé par un gouvernement en affaires courantes depuis les élections de juin, ce qui limite sa capacité à adopter des réformes structurelles. Dans ce contexte, il est peu probable que des décisions majeures soient prises avant la formation d’une nouvelle coalition, rendant le respect des échéances européennes encore plus incertain.

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