Le travail le dimanche ou les jours fériés semble désormais moins tabou pour une partie croissante des travailleurs en Belgique, particulièrement au travers du système des flexi-jobs. Ce modèle, introduit initialement pour répondre aux besoins spécifiques de secteurs comme l’horeca, connaît une popularité grandissante, facilitée par des incitations gouvernementales visant à moderniser le marché du travail.
Avec une forte demande, les flexi-jobs se sont diversifiés et étendus à de nouveaux secteurs, notamment l’enseignement, tout en restant un outil précieux pour combler les manques de main-d’œuvre lors des périodes de forte affluence. Selon les dernières données, une tendance claire émerge : les Belges sont de plus en plus nombreux à accepter de travailler lors de ces horaires atypiques, et ce phénomène risque de se renforcer dans les années à venir.
Une tendance en pleine croissance : les flexi-jobs en chiffres
L’enquête d’Acerta Consult, menée en mai 2025, révèle que 6,78 % des travailleurs belges tirent un revenu d’un flexi-job, un chiffre qui a plus que doublé en seulement trois ans. Ce modèle attire une part croissante de la population active, dont près d’un sur cinq (19,8 %) se dit prêt à commencer un flexi-job dans l’année à venir. Cette dynamique positive est perçue aussi bien par les travailleurs que par les employeurs, qui reconnaissent les avantages du système. En effet, la flexibilité des horaires et l’exonération de charges sociales rendent ce type d’emploi attractif dans un marché du travail souvent caractérisé par des horaires rigides et des coûts salariaux élevés.
L’horeca, secteur d’origine des flexi-jobs, reste le domaine où ces emplois sont les plus répandus. En 2025, un travailleur sur quatre dans ce secteur occupe un flexi-job, souvent pour travailler lors des pics de fréquentation tels que les week-ends ou les jours fériés. Ce phénomène montre que, malgré la nature temporaire de ces contrats, les flexi-jobs permettent de répondre efficacement aux besoins de main-d’œuvre dans des moments cruciaux. Ce modèle de travail flexible n’est plus uniquement lié à des emplois précaires ou à des secteurs spécifiques, mais s’étend à d’autres domaines, comme les attractions touristiques ou même l’enseignement, où des projets pilotes sont en cours.
Flexibilité et acceptation sociale : le travail dominical de plus en plus accepté
L’étude d’Acerta souligne également que 63,8 % des travailleurs ne voient pas d’inconvénient à exercer un flexi-job le dimanche ou lors des jours fériés. Ce chiffre traduit une ouverture croissante à ces horaires de travail atypiques, en particulier dans un contexte où la flexibilité est devenue une valeur clé tant pour les employeurs que pour les salariés. Bien que le travail dominical ne soit pas directement lié aux flexi-jobs, une majorité de ces travailleurs se retrouvent à travailler le week-end. Dans des secteurs comme l’horeca, où la demande de main-d’œuvre est souvent plus élevée durant ces jours-là, le travail dominical est perçu comme une nécessité pour maintenir l’activité. Cependant, ce phénomène ne se limite pas aux seuls adeptes des flexi-jobs. Même parmi ceux qui ne souhaitent pas s’engager dans ce type de contrat, une majorité reste favorable à l’idée de travailler le dimanche, ce qui témoigne d’une acceptation de plus en plus large du travail en dehors des horaires traditionnels.
Du côté des employeurs, bien que la majorité reconnaisse l’importance de disposer de main-d’œuvre pendant ces horaires atypiques, 48,1 % seulement se disent favorables à l’idée de faire travailler leurs employés le dimanche ou lors des jours fériés. Ce chiffre montre qu’une partie significative d’employeurs reste encore réservée, notamment en raison des contraintes sociales et légales liées à ces horaires.








