L’immobilier à l’étranger attire de plus en plus de citoyens belges. En quête d’un climat plus doux, d’un meilleur rendement ou d’un cadre fiscal plus léger, les acheteurs sont nombreux à se tourner vers d’autres pays européens.
Cette tendance se confirme par une augmentation notable du nombre de propriétaires belges hors des frontières nationales. Elle révèle aussi un attrait concentré sur quelques destinations phares, désormais bien identifiées.
242.000 Belges déclarent un bien à l’étranger, un record
Selon des données du SPF Finances relayées ce samedi par L’Echo et De Tijd, 242.607 Belges détiennent aujourd’hui au moins un bien immobilier à l’étranger. Ce chiffre marque une hausse de 10 % par rapport à l’année précédente, soit une progression inédite en une seule année. Il s’agit du total le plus élevé jamais enregistré par l’administration fiscale belge depuis la mise en place de l’échange automatique d’informations entre États.
Sur l’ensemble des propriétaires recensés, 196.440 possèdent un seul bien, tandis que 46.167 sont multipropriétaires. Parmi ces derniers, près de 30.000 détiennent deux résidences, ce qui montre que certains ménages développent de véritables portefeuilles immobiliers à l’étranger. Cette réalité ne concerne plus uniquement des profils aisés ou retraités, mais touche désormais une population plus large, incluant des actifs, des familles ou des investisseurs à la recherche d’un rendement stable.
L’essor de ces investissements s’explique en partie par des prix immobiliers devenus très élevés en Belgique, combinés à des droits d’enregistrement et des taxes jugés lourds. Acheter ailleurs en Europe, où le coût de l’immobilier peut être inférieur de 20 à 40 %, apparaît dès lors comme une alternative concrète. À cela s’ajoute la perspective d’un revenu locatif saisonnier dans des zones très touristiques, notamment en été.
L’Espagne, la France et l’Italie au sommet des préférences
Parmi les destinations choisies, l’Espagne se distingue très nettement. 40 % des biens détenus à l’étranger par des Belges s’y trouvent. Les provinces côtières comme Alicante, Malaga ou Gérone sont particulièrement prisées. Le climat méditerranéen, les liaisons aériennes régulières et un coût de la vie moins élevé qu’en Belgique en font une destination idéale pour les séjours de longue durée. Les prix y restent accessibles : à superficie égale, un appartement en bord de mer y coûte souvent 30 % de moins que sur la côte belge.
En deuxième position, la France concentre 24 % des propriétés étrangères des Belges. Il s’agit principalement de résidences situées dans le sud du pays ou en zones rurales proches de la frontière wallonne. L’attractivité repose ici sur la proximité géographique, la familiarité linguistique et la qualité du réseau de transport. Une part de ces biens provient également d’héritages familiaux ou de résidences secondaires achetées dans les années 1990-2000.
L’Italie complète ce trio avec 9,6 % des biens. Les zones concernées vont des villages toscans aux régions plus méridionales comme les Pouilles ou la Sicile. L’attrait repose souvent sur des prix très compétitifs, un patrimoine architectural fort et des programmes de rénovation incitatifs dans certaines communes en déclin démographique. L’achat y reste accessible, avec un accompagnement local bien rodé, même si les procédures administratives peuvent se révéler plus complexes qu’en Espagne ou en France.
D’autres pays figurent également dans les radars des acheteurs belges : le Portugal, les Pays-Bas, ou encore la Turquie, pour des profils plus spécifiques. Néanmoins, les trois pays en tête représentent ensemble plus de 73 % des achats réalisés à l’étranger, ce qui témoigne d’une concentration forte des flux d’investissements immobiliers.
La fiscalité joue aussi un rôle non négligeable. En Espagne et en Italie, par exemple, les taxes foncières restent généralement inférieures à celles pratiquées en Belgique. En France, malgré une fiscalité plus élevée sur les successions, des dispositifs tels que le statut de loueur en meublé non professionnel permettent d’alléger la charge fiscale sur les revenus locatifs.
La plupart des transactions se font avec l’assistance d’intermédiaires spécialisés. Agences immobilières belges présentes à l’international, plateformes juridiques ou experts-comptables accompagnent les acheteurs dans toutes les démarches, de la recherche du bien à la déclaration en Belgique. La vigilance reste de mise : en cas d’omission de déclaration, les amendes peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros, et les contrôles se sont renforcés grâce à la coopération entre administrations européennes.








