Le tissu entrepreneurial belge a connu en avril 2025 un nouveau revers avec un nombre de faillites atteignant un niveau inédit pour ce mois. Le bureau GraydonCreditsafe a recensé 991 entreprises déclarées en faillite, soit une hausse de 7,37 % par rapport à avril 2024.
Cette situation reflète une évolution préoccupante de la conjoncture économique, marquée par une pression persistante sur les coûts et des fragilités structurelles. Ces chiffres soulignent aussi les séquelles d’un environnement économique instable depuis la pandémie de Covid-19.
Une hausse modérée mais persistante dans la majorité des régions
Les données publiées par GraydonCreditsafe montrent une progression du nombre de faillites en avril dans deux des trois grandes régions belges. La Flandre enregistre 522 faillites, en hausse de 4,61 % par rapport à l’année précédente. La région de Bruxelles-Capitale connaît une envolée plus marquée, avec 188 faillites, soit +18,24 %. La Wallonie, en revanche, fait exception avec 256 faillites, en léger recul de 1,16 %.
Cette évolution à géométrie variable souligne les différences structurelles entre les régions. Bruxelles, où le tissu économique repose davantage sur les services et les petites structures, semble particulièrement vulnérable à la conjoncture actuelle. La Flandre, avec un volume absolu plus élevé, concentre néanmoins une part importante des cessations d’activité. Le nombre total d’emplois concernés pour le mois d’avril s’élève à 2 252, un indicateur révélateur de la pression sur le marché du travail.
Sur l’ensemble des quatre premiers mois de l’année 2025, 3 987 faillites ont été enregistrées, soit +2,65 % par rapport à la même période de 2024. Cette tendance haussière porte le total au niveau le plus élevé depuis 2013. La Flandre a vu 2 237 entreprises cesser leur activité depuis janvier (+1,54 %), contre 933 en Wallonie (-5,38 %) et 720 à Bruxelles (+9,76 %), cette dernière atteignant son plus haut niveau depuis 2020, année marquée par le début de la pandémie.
Des entreprises plus anciennes désormais fragilisées
Une évolution marquante observée en 2025 est l’âge des entreprises concernées. Alors que les faillites touchaient majoritairement des jeunes structures ces dernières années, la tendance semble s’inverser. Seulement 30,05 % des entreprises déclarées en faillite cette année avaient moins de cinq ans d’existence, contre 34,04 % qui avaient entre cinq et neuf ans. Cela suggère que les difficultés touchent désormais des sociétés qui avaient survécu aux premières secousses économiques post-pandémie, mais qui peinent à s’adapter aux contraintes actuelles : coûts salariaux en hausse, prix de l’énergie instables, inflation persistante.
Le secteur de la construction reste le plus affecté avec 927 faillites sur les quatre premiers mois de l’année, soit une hausse de 10,36 %. Il est suivi par le secteur des transports, qui enregistre 237 faillites, en progression de 13,62 %. Ces deux secteurs cumulent une exposition importante aux coûts variables, notamment les carburants, les matériaux ou la masse salariale, ce qui les rend particulièrement sensibles aux aléas macroéconomiques.
Le nombre total d’emplois affectés par les faillites entre janvier et avril 2025 atteint 9 115 postes, un chiffre en augmentation qui pourrait impacter la consommation des ménages et peser sur la dynamique de croissance du pays. Les faillites concernent aujourd’hui des entreprises plus établies, et souvent plus employeuses, amplifiant ainsi les effets économiques et sociaux.








