Le réveil soudain des avoirs dormants intrigue en Belgique. Un sujet technique devenu grand public en quelques jours. L’intervention de l’État a déclenché une vague inattendue.
L’année 2025 a été marquée par une hausse importante du nombre de demandes de restitution d’avoirs dormants. Le Service public fédéral (SPF) Finances a recensé 6 231 dossiers traités, représentant un montant total de 20,8 millions d’euros, contre 3 724 dossiers et 14,8 millions l’année précédente.
Les avoirs dormants correspondent à des comptes bancaires, contrats d’assurance ou coffres inactifs depuis au moins cinq ans, sans contact de la part du titulaire ou de ses ayants droit. Une fois ce délai écoulé, ces fonds sont transférés à la Caisse des dépôts et consignations, où ils peuvent être réclamés pendant trente ans. Passé ce délai, les montants sont définitivement versés au Trésor public.
Avoirs dormants : une ruée provoquée par une annonce budgétaire
La progression rapide des réclamations s’explique par une mesure annoncée fin novembre par le gouvernement fédéral : un prélèvement de 500 millions d’euros sera opéré sur les avoirs dormants pour contribuer au financement du budget 2026. Cette annonce, largement relayée dans la presse, a provoqué une réaction immédiate.
Selon Francis Adyns, porte-parole du SPF Finances, 1 500 demandes ont été enregistrées en une semaine début décembre, soit près de cinq fois plus que la moyenne mensuelle de 2024, rapporte Le Soir.
Un stock toujours en augmentation
Malgré cet afflux de demandes, le montant total des avoirs dormants continue d’augmenter. Fin 2025, 819,2 millions d’euros étaient enregistrés à la Caisse des dépôts, contre 757,3 millions un an plus tôt. Cela signifie que les transferts de fonds depuis les banques excèdent encore largement les montants réclamés par les citoyens.
Cette situation s’explique en partie par une méconnaissance du dispositif. Beaucoup de citoyens ignorent qu’ils peuvent, sous certaines conditions, récupérer ces avoirs. La procédure est gratuite, mais exige des justificatifs d’identité et de lien juridique avec les fonds.
Une mesure budgétaire qui interroge
L’usage partiel de ces avoirs pour combler une partie du budget suscite un débat discret mais réel. Certains experts soulignent que ces fonds, bien que inactifs, restent la propriété des titulaires ou de leurs héritiers. Le gouvernement, de son côté, insiste sur le fait que les sommes non réclamées depuis plus de trente ans sont les seules concernées par le prélèvement.








