À partir du 1er janvier 2026, le montant maximal des chèques-repas en Belgique pourra atteindre 10 euros par jour presté, contre 8 euros aujourd’hui. Cette revalorisation a été annoncée par le ministre de l’Économie,
David Clarinval, dans le cadre d’une mesure visant à soutenir le pouvoir d’achat sans modifier le régime fiscal en profondeur. Utilisé par environ trois millions de travailleurs, le chèque-repas représente une part non négligeable du revenu net pour de nombreux salariés. Mais derrière cette annonce, les conditions d’accès et d’application varient fortement d’une entreprise à l’autre.
Une hausse plafonnée à 10 euros… mais décidée par l’employeur
La réforme introduite par le gouvernement fédéral ne généralise pas les chèques-repas à 10 euros. Elle établit un plafond maximal, qui reste facultatif pour les employeurs. En clair, chaque entreprise choisira librement d’augmenter – ou non – la valeur de ses chèques-repas jusqu’à ce nouveau seuil.
Aujourd’hui, la valeur d’un chèque-repas varie fortement selon les conventions internes : certains salariés reçoivent 4,5 euros, d’autres 7 ou 8 euros par jour de travail. Pour ceux déjà au plafond de 8 euros, le passage à 10 euros pourrait représenter un gain net estimé à 400 euros par an. Mais seuls ces profils verront une réelle évolution dès 2026, si leur employeur adopte le nouveau plafond.
Le financement reste partagé entre l’employeur et le salarié. Actuellement, un chèque-repas de 8 euros est composé de 6,91 euros à charge de l’employeur et 1,09 euro à charge du salarié. Avec la nouvelle règle, la contribution patronale pourrait augmenter jusqu’à 8,91 euros, avec un nouveau plafond de déductibilité fiscale porté à 4 euros par chèque, contre 2 aujourd’hui, explique RTBF. Ce mécanisme permettrait de maintenir la neutralité budgétaire pour les entreprises tout en offrant un revenu net additionnel aux salariés concernés.
Les entreprises ne sont en aucun cas tenues de verser des chèques-repas, quel que soit le montant maximal autorisé. Cette absence d’obligation légale explique en partie les inégalités d’accès à cet avantage sur le marché du travail.
Un dispositif réservé à certains salariés et encadré par des règles fiscales
Les bénéficiaires potentiels de cette revalorisation sont uniquement les salariés déjà couverts par un système de chèques-repas, et dont l’entreprise décidera d’augmenter leur valeur à 10 euros. Ce ciblage limite de fait la portée de la mesure. Les fonctionnaires, les indépendants, les intérimaires ou les salariés de petites structures non engagées dans un système de chèques-repas ne verront aucun changement dans leur rémunération.
Du côté syndical, la CSC juge l’effet de cette réforme limité. Marie-Hélène Ska, secrétaire générale du syndicat, estime qu’« une minorité de travailleurs » seulement seront concernés. Elle ajoute que « le passage de 8 à 10 euros, pour ces personnes-là, se fera avec une déduction fiscale supplémentaire pour les employeurs. Donc c’est vous et moi qui allons payer l’augmentation via la fiscalité. »
Du côté patronal, la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) défend le dispositif. Son administrateur délégué, Pieter Timmermans, le qualifie de solution « très positive », car elle offre un revenu net sans alourdir les cotisations. Il insiste également sur le fait que les chèques-repas doivent être dépensés uniquement en Belgique, ce qui favorise les commerces et circuits courts.
Certaines modalités restent toutefois à définir, notamment la part exacte à charge du travailleur et les détails de la déductibilité fiscale. Ces précisions devraient être communiquées dans les mois précédant l’entrée en vigueur, prévue au début de l’année 2026. Par ailleurs, selon les ambitions du gouvernement, une augmentation future jusqu’à 12 euros pourrait intervenir d’ici 2029, sans calendrier précis ni cadre réglementaire établi pour l’instant.








