La préparation de la retraite s’impose dans les choix financiers des Belges. Face aux incertitudes, l’épargne individuelle prend une place grandissante. Les chiffres récents confirment une dynamique marquée. L’assurance-vie s’impose comme un placement de référence.
Les Belges ont investi 13,8 milliards d’euros dans les assurances-vie individuelles en 2025, selon les données d’Assuralia . Ce montant marque une progression de 41 % en deux ans, signe d’un intérêt croissant pour ce type de produit. Au total, environ 1,2 million de Belges détiennent aujourd’hui un contrat d’assurance-vie relevant du troisième pilier, un dispositif qui permet de se constituer une pension complémentaire en dehors du cadre professionnel .
Cette évolution s’inscrit dans un contexte où la question de la pension reste centrale. Entre incertitudes sur le niveau des pensions légales et volonté de préserver son niveau de vie, de plus en plus d’épargnants se tournent vers des solutions individuelles.
Une épargne complémentaire qui s’inscrit dans un système à trois piliers
Le système belge de pension repose sur trois niveaux. Le premier pilier correspond à la pension légale versée par l’État. Le deuxième pilier regroupe les pensions complémentaires liées à l’activité professionnelle, comme les assurances groupe ou les dispositifs pour indépendants. En 2025, environ 4,5 millions de Belges disposaient d’un second pilier, contre 3,7 millions en 2018 . Cette progression traduit une montée en puissance des mécanismes d’épargne liés au travail.
Le troisième pilier, lui, repose sur une démarche individuelle. Il permet d’épargner à moyen ou long terme, avec un objectif souvent lié à la retraite, mais aussi à d’autres projets comme les études d’un enfant ou l’achat d’un logement.
Assurance-vie : un produit entre épargne et investissement
Contrairement à ce que son nom peut laisser penser, l’assurance-vie individuelle n’est pas uniquement une couverture en cas de décès. Il s’agit d’un produit d’épargne et d’investissement, alimenté régulièrement et récupéré après plusieurs années. Trois grandes catégories existent. La branche 21 offre un rendement garanti, généralement autour de 2 %, sans risque de perte en capital. La branche 23 repose sur des investissements en fonds, avec un rendement potentiellement plus élevé mais sans garantie.
Une troisième formule, la branche 44, combine ces deux approches en associant sécurité et exposition aux marchés . Les données montrent que la croissance est tirée par les produits plus dynamiques : les investissements en branche 23 ont progressé de 75 % entre 2023 et 2025, atteignant environ 5 milliards d’euros .
Un avantage fiscal et un outil de transmission
L’un des moteurs de cet engouement reste l’avantage fiscal. Les versements permettent de bénéficier d’une réduction d’impôt pouvant atteindre 30 %, dans certaines limites . Ces produits conservent aussi un intérêt patrimonial. Ils permettent de désigner un bénéficiaire, facilitant la transmission du capital en cas de décès. Le cadre fiscal évolue néanmoins. Une taxe sur les plus-values s’applique désormais lors de la récupération des fonds, au-delà d’un certain seuil .
Malgré ces évolutions, les assurances-vie continuent d’attirer. Elles offrent une combinaison entre préparation de la retraite, optimisation fiscale et organisation du patrimoine. Dans un contexte marqué par les interrogations sur les pensions futures, cette dynamique illustre un changement durable dans les comportements d’épargne des Belges.








