Le gouvernement fédéral belge met en place une série de réformes impactant les pensions, le chômage et le marché du travail. Présentées comme nécessaires pour assainir les finances publiques et encourager l’emploi, ces mesures suscitent des inquiétudes quant à leurs répercussions sociales.
Les femmes, qui occupent une place dans les emplois précaires et à temps partiel, apparaissent comme les premières victimes de ces changements. Entre diminution des indemnités et durcissement des conditions d’accès aux aides sociales, la précarité féminine risque de s’aggraver.
Des réformes qui affaiblissent la sécurité économique des femmes
Le relèvement progressif de l’âge de la retraite à 67 ans, déjà prévu par les précédents gouvernements, se confirme sous l’Arizona. Cette mesure pénalise particulièrement les femmes, qui perçoivent en moyenne 30 % de pension en moins que les hommes en Belgique, selon les chiffres de l’ONSS. Cette différence s’explique par des carrières plus hachées, souvent interrompues pour des raisons familiales. En parallèle, le mode de calcul des pensions complémentaires est revu, rendant l’accès aux aides plus difficile pour les bas revenus.
Sur le plan du chômage, le gouvernement de l’Arizona introduit une réforme qui réduit la durée d’indemnisation. Jusqu’ici, le système belge permettait un accompagnement prolongé, notamment pour les demandeurs d’emploi de longue durée. Désormais, les allocations diminueront plus rapidement au fil du temps, un changement qui pénalise particulièrement les femmes, dont le taux de chômage atteint 7,2 % contre 5,9 % pour les hommes. De plus, près de 45 % des femmes actives en Belgique travaillent à temps partiel, ce qui limite leur droit aux allocations et les expose davantage à la pauvreté en cas de perte d’emploi.
Les conditions de travail sont également affectées par une flexibilisation accrue des contrats, qui facilite le licenciement sans indemnité dans certains secteurs. Cette réforme touche en premier lieu les secteurs à forte proportion féminine, comme le commerce, les soins de santé et l’éducation. Près de 80 % des aides-soignants et 70 % des enseignants en Belgique sont des femmes, et la diminution des protections sociales dans ces professions risque d’aggraver la précarisation du travail féminin.
Une aggravation des inégalités économiques
En Belgique, les écarts salariaux entre hommes et femmes persistent, avec un différentiel moyen de 9,2 % sur les salaires horaires et de 23 % sur les revenus annuels bruts, selon Statbel. Ce dernier chiffre s’explique notamment par le recours massif au temps partiel chez les femmes, souvent par contrainte et non par choix. Avec les nouvelles réformes de l’Arizona, cette situation pourrait se détériorer.
Les coupes budgétaires dans le système de chômage et de pensions risquent de contraindre de nombreuses femmes à travailler plus longtemps, parfois dans des conditions précaires. Aujourd’hui, près de 60 % des mères célibataires en Belgique sont à risque de pauvreté, un chiffre qui pourrait encore croître si l’accès aux aides sociales devient plus restreint. Par ailleurs, la réduction des dispositifs de congés familiaux complique la conciliation entre vie professionnelle et obligations familiales, un fardeau qui repose encore à 80 % sur les femmes.
Face à ces constats, plusieurs organisations et syndicats dénoncent un manque de prise en compte des inégalités de genre dans les décisions du gouvernement de l’Arizona. Sans ajustements spécifiques pour protéger les travailleurs les plus vulnérables, ces mesures risquent de creuser encore davantage les écarts économiques entre hommes et femmes.








