ArcelorMittal envisage de délocaliser ses fonctions de support : jusqu’à 190 emplois en jeu en Belgique

Le projet de délocalisation des fonctions de support d’ArcelorMittal pourrait toucher 190 emplois belges et s’inscrit dans une restructuration européenne contestée.

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ArcelorMittal belgique
ArcelorMittal envisage de délocaliser ses fonctions de support : jusqu’à 190 emplois en jeu en Belgique : Crédit : EUROMETAL | Econostrum.info - Belgique

Le sidérurgiste ArcelorMittal a déclenché l’inquiétude en Belgique après l’annonce d’un projet de délocalisation de certaines fonctions de support. Le plan envisagé par le groupe pourrait mettre en péril jusqu’à 190 postes en Belgique. 

La décision, dénoncée par les syndicats comme un choix unilatéral et motivée par des raisons financières, intervient alors même que le groupe bénéficie de soutiens publics pour sa transition environnementale. L’échelle européenne du projet, qui toucherait jusqu’à 2 000 emplois, laisse craindre un impact social d’ampleur dans plusieurs pays.

Une décision contestée au sein du comité d’entreprise européen

Le projet de réorganisation dévoilé par ArcelorMittal lors d’une réunion du Comité d’entreprise européen prévoit la délocalisation vers l’Inde de fonctions de support internes. Selon le syndicat CSC Metea, cette décision pourrait entraîner la suppression de jusqu’à 190 emplois en Belgique, rapporte 7sur7.be. David Camerini, délégué syndical pour CSC Metea chez ArcelorMittal Belgique, parle d’une décision unilatérale, prise sans concertation préalable, qui ne répondrait à aucune nécessité stratégique claire. Selon lui, cette initiative repose uniquement sur une logique de réduction des coûts.

La critique syndicale est d’autant plus virulente que le sidérurgiste a bénéficié de subventions publiques, notamment dans le cadre de sa décarbonation industrielle. Camerini souligne l’ironie d’un groupe soutenu par des fonds publics européens, qui choisit pourtant de transférer des activités administratives vers un pays tiers. Le comité d’entreprise européen, qui représente plus de 100 000 travailleurs dans l’UE, s’est également opposé à cette orientation. Il qualifie le projet de “ni mûri, ni justifié, ni acceptable”, insistant sur l’absence de dialogue social préalable et l’opacité entourant les critères de sélection des postes concernés.

Pour le moment, aucune ventilation précise des emplois menacés n’a été communiquée, et il est encore difficile de déterminer quels sites seront affectés. Le site d’ArcelorMittal à Gand semble concerné, mais plusieurs implantations wallonnes pourraient également être touchées. La prochaine réunion du Comité d’entreprise européen est prévue pour le 12 juin, ce qui pourrait permettre de clarifier les contours exacts du plan.

Un projet à portée européenne aux conséquences sociales importantes

L’envergure du projet dépasse largement les frontières belges. Environ 2 000 emplois seraient menacés à l’échelle européenne, toujours selon les syndicats. Le plan vise les fonctions dites “de support” : ressources humaines, comptabilité, informatique, services juridiques ou encore achats. Il ne s’agit donc pas d’une remise en cause directe des activités de production, mais les syndicats estiment que ces fonctions sont indispensables au bon fonctionnement du groupe et qu’une délocalisation risque d’affaiblir les opérations locales.

En Belgique, l’inquiétude est d’autant plus vive que la sidérurgie y reste un secteur industriel emblématique, bien que largement restructuré ces dernières décennies. Les annonces d’ArcelorMittal font écho à d’autres vagues de rationalisation dans le secteur, dans un contexte de concurrence internationale croissante et de pression sur les coûts de production. Les choix stratégiques des grandes multinationales sont scrutés de près, notamment lorsqu’ils impliquent des délocalisations vers des pays à bas salaires.

Le calendrier annoncé laisse peu de place à l’optimisme. En l’absence de retournement de position de la direction, les discussions à venir au sein du Comité d’entreprise européen s’annoncent tendues. Les syndicats espèrent encore faire pression sur la direction en mobilisant l’opinion publique, les élus et la Commission européenne. Cette dernière a justement présenté un plan d’action pour relancer la sidérurgie européenne, ce qui renforce le sentiment d’incohérence face aux intentions d’un des principaux acteurs du secteur.

Le gouvernement belge, bien qu’encore discret dans ses réactions, pourrait être amené à intervenir pour rappeler au groupe ses engagements sociaux en contrepartie des aides publiques reçues. Dans l’attente de la prochaine réunion du 12 juin, les syndicats veulent maintenir la vigilance et préparer les travailleurs à d’éventuelles actions collectives si la direction persiste dans cette voie.

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