La question du financement des études supérieures en Belgique refait surface avec une proposition qui suscite le débat. Un parti politique a suggéré de supprimer les allocations octroyées aux étudiants non-européens, invoquant des raisons budgétaires.
Cette initiative soulève des interrogations sur l’accès à l’enseignement supérieur pour les étudiants étrangers et ses conséquences économiques. Alors que le débat s’intensifie, les réactions des différents acteurs se multiplient.
Un enjeu budgétaire au cœur des discussions
La proposition de suppression des allocations pour les étudiants non-européens repose avant tout sur des considérations financières. Selon les partisans de cette mesure, la prise en charge d’étudiants étrangers représente une charge importante pour l’État belge. En 2023, la Fédération Wallonie-Bruxelles a alloué environ 25 millions d’euros en allocations d’études, dont environ 15 % bénéficiaient à des étudiants non-européens, soit près de 3,75 millions d’euros, a rapporté Le Soir ce mardi.
Actuellement, les étudiants non-européens peuvent bénéficier d’aides financières sous certaines conditions de revenus, leur permettant de réduire le coût des études en Belgique. En moyenne, un étudiant boursier perçoit une aide variant entre 400 et 5 000 euros par an, en fonction de sa situation financière. En plus de ces allocations, des réductions sur les frais d’inscription sont accordées à certains étudiants extra-européens en difficulté, ce qui représente un manque à gagner supplémentaire pour l’État.
Les partisans de la suppression estiment que ces fonds devraient être prioritairement destinés aux étudiants belges et européens. Certains mettent en avant l’exemple de pays comme les Pays-Bas ou le Danemark, où les aides sont strictement réservées aux ressortissants nationaux et européens. En France, les étudiants extra-européens doivent s’acquitter de frais d’inscription environ 16 fois plus élevés que leurs homologues européens, atteignant 2 770 euros en licence et 3 770 euros en master.
Cependant, les opposants à cette mesure soulignent que priver ces étudiants de soutien financier pourrait avoir des conséquences négatives sur l’attractivité des universités belges et sur leur diversité académique.
Une menace pour l’attractivité et la diversité universitaire
Les universités belges comptent un nombre croissant d’étudiants étrangers, qui représentent une part importante des effectifs. En 2022, près de 20 % des étudiants inscrits en Fédération Wallonie-Bruxelles étaient des étrangers, soit approximativement 30 000 étudiants. Parmi eux, environ 10 000 venaient de pays hors Union européenne.
L’enseignement supérieur belge bénéficie de cette diversité, notamment dans des disciplines comme les sciences, l’ingénierie et la médecine, où les étudiants non-européens sont fortement représentés. En médecine, par exemple, près de 30 % des doctorants inscrits en Belgique sont d’origine extra-européenne. Une diminution de ces effectifs pourrait impacter les laboratoires de recherche et la production scientifique belge.
D’un point de vue économique, ces étudiants contribuent aussi aux finances des établissements. Contrairement aux étudiants belges et européens, qui paient des frais d’inscription réduits, les étudiants extra-européens doivent s’acquitter de montants plus élevés, allant de 835 euros à plus de 4 175 euros par an selon les universités et les filières. Une baisse du nombre d’inscriptions de ces étudiants pourrait ainsi réduire les recettes des universités et mettre en difficulté certains programmes.
Le débat reste ouvert, et le gouvernement devra trancher entre impératifs budgétaires et attractivité universitaire. Cette décision pourrait redéfinir la place de la Belgique dans la compétition internationale pour attirer les talents.








