Les allocations de chômage seront davantage taxées à partir de 2026, dans le cadre d’une réforme fiscale engagée par le gouvernement fédéral belge. Cette mesure, issue de l’accord d’été, a été confirmée par le cabinet du ministre des Finances, Jan Jambon.
Elle prévoit une suppression progressive des réductions d’impôts accordées actuellement aux chômeurs, ce qui pourrait conduire à une baisse nette de leurs allocations. La CSC alerte sur les conséquences sociales de cette décision, notamment la perspective que certains chômeurs perçoivent, d’ici 2029, moins que le revenu d’intégration sociale.
Une suppression graduelle des réductions fiscales sur les allocations
Le régime fiscal des allocations de chômage bénéficie aujourd’hui de deux mécanismes de réduction d’impôts : une réduction de base et une réduction supplémentaire. Ces deux avantages sont dans le viseur du gouvernement fédéral. Selon les documents de l’accord d’été consultés par la VRT, la réduction supplémentaire sera supprimée dès 2026. Quant à la réduction de base, elle sera éliminée progressivement jusqu’en 2029, relate Le Soir.
L’objectif affiché de cette réforme est de creuser l’écart entre les revenus du travail et ceux de remplacement, afin d’encourager le retour à l’emploi. Le cabinet de Jan Jambon précise que cette suppression vise à « rétablir l’équité fiscale » entre travailleurs et allocataires. Le gouvernement entend ainsi répondre à la critique selon laquelle certaines allocations de chômage restent proches, voire équivalentes, à des bas salaires nets.
Cette évolution pourrait avoir un effet sensible sur les montants versés mensuellement aux allocataires. Les nouvelles règles fiscales n’impliquent pas un taux d’imposition unique plus élevé, mais une réduction des mécanismes de correction qui atténuaient jusqu’ici la charge fiscale. En conséquence, le montant net perçu par les chômeurs diminuera progressivement, sans nécessairement changer le taux marginal ou la méthode de calcul de l’impôt.
Une mesure dénoncée par les syndicats et jugée préoccupante
La réaction des syndicats n’a pas tardé. La CSC a pris la parole pour dénoncer cette réforme, qu’elle considère comme pénalisante pour les personnes les plus vulnérables. Selon ses calculs, certaines allocations de chômage pourraient devenir inférieures au revenu d’intégration sociale d’ici 2029. Ce seuil, destiné à assurer un minimum vital, est aujourd’hui fixé à 1 219 euros nets par mois pour une personne isolée sans revenu. Atteindre ou descendre en dessous de ce niveau serait un changement majeur dans la politique sociale belge.
La CSC alerte également sur le risque d’un appauvrissement plus large des ménages touchés par cette mesure, en particulier dans les zones où le chômage de longue durée est plus présent. Elle accuse le gouvernement de cibler injustement les chômeurs alors que les marges budgétaires pourraient être trouvées ailleurs.
Les critiques ne concernent pas uniquement les chômeurs. Le gouvernement prévoit aussi une réduction progressive des réductions fiscales accordées aux pensionnés. Contrairement aux chômeurs, ces derniers continueront à bénéficier d’un mécanisme allégé, mais celui-ci sera modulé en fonction du montant de leur pension. Les personnes disposant de pensions plus élevées verront donc leur réduction fiscale diminuer plus fortement.
Cette réforme intervient dans un contexte de tension sur les finances publiques, mais aussi à l’approche d’échéances électorales importantes. La majorité actuelle tente de justifier ces choix budgétaires par un impératif de justice fiscale, alors que ses opposants dénoncent une attaque contre les plus fragiles. Le débat promet de rester vif au sein de l’opinion publique et dans l’arène politique.








