Allocations de chômage supprimées pour 180.000 Belges en 2026 : la réforme étalée en trois temps

La réforme du chômage en Belgique entraînera l’exclusion de 180.000 personnes en 2026, avec une application graduelle dès janvier.

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Allocations de chômage supprimées pour 180.000 Belges en 2026 : la réforme étalée en trois temps : Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Le gouvernement belge a conclu un accord sur la réforme des allocations de chômage, qui sera mise en œuvre progressivement à partir du 1er janvier 2026. Cette décision découle d’un consensus atteint en conseil des ministres restreint, suite à de nombreuses concertations avec les Régions, les partenaires sociaux et le Conseil d’État. 

L’objectif est de réduire le nombre de bénéficiaires du chômage de longue durée, tout en amortissant l’impact social par une entrée en vigueur étalée. Cette réforme, qui concerne directement des milliers de Belges, marque un tournant dans la gestion des aides sociales.

Une mise en œuvre progressive sur quatre mois pour limiter les effets de seuil

Contrairement aux annonces initiales, la réforme des allocations ne s’appliquera pas à tous dès le 1er janvier 2026. Le gouvernement a décidé d’étaler son application en trois phases, répondant ainsi aux inquiétudes des CPAS et d’autres acteurs sociaux. Le 1er janvier 2026, la mesure touchera uniquement les demandeurs d’emploi au chômage depuis plus de 20 ans. Le 1er mars, ce seront ceux au chômage depuis plus de 8 ans, et enfin, le 1er avril, ceux en inactivité depuis moins de 8 ans, relate Sudinfo.

Cette temporalité progressive a pour but de lisser les effets de seuils brutaux et de donner du temps aux acteurs locaux pour se préparer à l’afflux attendu de nouvelles demandes d’aide sociale. David Clarinval, ministre fédéral de l’Emploi, a reconnu que la date initiale du 1er janvier était « trop impactante », justifiant ainsi ce découpage en étapes.

D’après les chiffres avancés par le gouvernement, 115.000 personnes perdront leurs allocations entre janvier et avril 2026, soit environ les deux tiers du total prévu pour l’année. Une seconde vague, prévue au 1er juillet 2026, exclura 60.000 personnes supplémentaires. Au total, ce sont environ 180.000 personnes qui seront exclues du système d’allocations de chômage en 2026.

Maintien partiel des aides pour certains travailleurs à temps partiel

Parallèlement à cette réforme, une autre mesure a été modifiée suite aux discussions : la limitation à deux ans des allocations de garantie de revenus (AGR) a été abandonnée. Ce complément versé par l’Onem aux travailleurs à temps partiel devait initialement être supprimé après deux années. Désormais, les bénéficiaires pourront continuer à percevoir cette aide à condition de travailler au moins à mi-temps.

Cette décision fait suite aux nombreuses critiques des syndicats et associations défendant les travailleurs précaires, qui voyaient dans cette suppression une menace directe pour les revenus des salariés les plus vulnérables. Le maintien de cette aide partielle coûtera 43 millions d’euros par rapport aux économies initialement prévues.

En tout, l’adaptation apportée au calendrier et au dispositif coûtera 300 millions d’euros au budget fédéral, sur les 2 milliards d’économies visées par la réforme. Ces ajustements traduisent la volonté du gouvernement de rendre la réforme acceptable tout en poursuivant ses objectifs budgétaires.

La réforme des allocations s’inscrit dans un ensemble plus large de la loi programme portée par la coalition Arizona. Celle-ci comprend également un plan de retour à l’emploi, des mesures fiscales et des initiatives dans le domaine pénitentiaire.

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