Depuis l’imposition des sanctions contre la Russie, la Belgique a gelé un nombre important d’actifs appartenant à des entités russes, notamment via le groupe financier Euroclear. Ces mesures ont produit des recettes fiscales conséquentes pour l’État belge.
Le gel de ces avoirs s’inscrit dans une stratégie européenne visant à faire pression sur la Russie dans le cadre du conflit en Ukraine. Le gouvernement entend désormais affecter ces ressources pour renforcer durablement le budget de la Défense.
Des recettes fiscales substantielles issues des actifs russes gelés chez Euroclear
Selon les résultats trimestriels publiés par Euroclear, les actifs russes gelés auprès de ce groupe financier ont généré 360 millions d’euros de recettes fiscales au titre de l’impôt des sociétés pour l’État belge au premier trimestre 2025, rapporte Le Soir. Ce chiffre s’inscrit dans la continuité d’une tendance observée l’année précédente, où environ 400 millions d’euros avaient été rapportés sur la même période.
Ces revenus proviennent principalement des intérêts, dividendes et autres produits financiers générés par les avoirs russes immobilisés dans les comptes d’Euroclear. Bien que les actifs soient gelés et non disponibles pour leurs détenteurs, ils continuent à produire des revenus imposables qui alimentent les caisses publiques belges.
Cette situation inédite illustre comment les sanctions économiques peuvent avoir des retombées directes sur les finances des pays sanctionneurs. Ces montants contribuent ainsi à compenser, en partie, les coûts économiques et sécuritaires liés à la crise ukrainienne.
Une affectation stratégique des fonds au renforcement de la Défense nationale
Le gouvernement belge, sous l’impulsion du ministre-président de la Région flamande, Bart De Wever, prévoit d’affecter ces recettes fiscales issues des actifs russes gelés à une augmentation structurelle du budget de la Défense. Cette décision s’inscrit dans un contexte de renforcement des capacités militaires face aux tensions internationales croissantes.
Cette orientation marque un changement notable dans la gestion des ressources exceptionnelles générées par les sanctions. Plutôt que d’être utilisées pour des mesures temporaires ou ponctuelles, ces fonds serviront à assurer un financement durable pour l’équipement et la modernisation des forces armées belges.
En parallèle, cette décision politique souligne la volonté de la Belgique d’assumer un rôle plus actif en matière de sécurité européenne. L’utilisation des recettes fiscales liées aux actifs gelés renforce l’idée d’une réponse économique et militaire cohérente face aux défis posés par la guerre en Ukraine. Ainsi, la gestion de ces revenus confirme l’importance stratégique des sanctions et du gel des avoirs russes pour l’économie et la sécurité nationales belges.








