La hausse des prix du carburant pèse de plus en plus sur le budget des aide-ménagères en Belgique. Pour ces travailleuses, les déplacements entre les domiciles des clients représentent une dépense importante, alors qu’une grande partie du secteur travaille à temps partiel.
Une enquête menée par la FGTB Titres-Services auprès de 2 100 aide-ménagères montre l’ampleur du phénomène. Les travailleuses interrogées parcourent en moyenne 603 kilomètres par mois dans le cadre de leurs déplacements professionnels. Le poids de cette dépense varie fortement selon le temps de travail.
Pour une aide-ménagère travaillant à temps plein, les frais de carburant représentent en moyenne 13 % du salaire. Pour celles qui travaillent moins de 13 heures par semaine, cette proportion grimpe jusqu’à 17 %.
Le temps partiel augmente le poids des frais de carburant
Le syndicat constate un lien direct entre le nombre d’heures travaillées et la part du revenu consacrée aux déplacements. Une travailleuse à temps partiel doit en effet effectuer des trajets professionnels tout en disposant d’un salaire plus faible qu’une personne travaillant à temps plein.
« L’analyse des résultats met en évidence un lien très clair entre la durée du travail et le poids du carburant dans le revenu. Pour une travailleuse à temps plein, les frais de carburant représentent en moyenne 13% du salaire. Pour un contrat de moins de 13 heures par semaine, cette proportion grimpe à 17% », explique la FGTB.
Le phénomène concerne un secteur très largement féminin. Selon le syndicat, 98 % des travailleurs des titres-services sont des femmes. Le travail à temps partiel est aussi très répandu dans cette activité. La FGTB souligne qu’il est parfois subi, ce qui signifie que certaines travailleuses ne disposent pas nécessairement de la possibilité de choisir un volume horaire plus important.
« Quand on sait que le travail à temps partiel – souvent subi – est particulièrement répandu dans le secteur des titres-services, et que 98% des travailleurs sont des femmes, ces chiffres sont particulièrement préoccupants. »
Plus d’une travailleuse sur deux envisage de quitter son emploi
La hausse des coûts liés aux déplacements commence également à peser sur l’attractivité du métier. Plus de la moitié des travailleuses interrogées par la FGTB déclarent envisager de quitter leur emploi si les prix du carburant continuent d’augmenter. Cette situation s’explique notamment par la place de la voiture dans l’organisation du travail. Les aide-ménagères doivent généralement se déplacer d’un domicile à l’autre au cours de leur journée, ce qui rend les frais de carburant difficiles à éviter.
Face à cette situation, la FGTB Titres-Services demande une revalorisation urgente des indemnités de déplacement. Le syndicat estime que les travailleuses ne devraient pas supporter seules l’augmentation du coût de leurs trajets professionnels. « Les aide-ménagères ne peuvent plus continuer à supporter seules l’augmentation des coûts de carburant alors que l’utilisation de leur véhicule est indispensable à l’exercice de leur métier. »
La question des frais de déplacement prend ainsi une place particulière dans le secteur des titres-services. Pour les travailleuses qui effectuent peu d’heures chaque semaine, le carburant peut représenter une part particulièrement élevée du revenu, alors même que les trajets restent nécessaires pour enchaîner les interventions chez les différents clients.








