Vols annulés, cargos bloqués, tourisme en berne : les premiers secteurs frappés par la guerre au Moyen-Orient

La guerre au Moyen-Orient dépasse le cadre régional : aviation, tourisme, luxe et agriculture commencent déjà à subir ses effets.

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Moyen-Orient
Vols annulés, cargos bloqués, tourisme en berne : les premiers secteurs frappés par la guerre au Moyen-Orient. Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Le conflit qui secoue le Moyen-Orient provoque déjà des répercussions bien au-delà de la région. Plusieurs secteurs clés commencent à ressentir les effets de cette instabilité. Transport aérien, commerce maritime, tourisme ou agriculture sont progressivement touchés. Les tensions géopolitiques et la hausse des prix de l’énergie alimentent une chaîne d’impacts économiques.

Le secteur aérien est l’un des premiers touchés par les conséquences du conflit. Plusieurs compagnies du Moyen-Orient ont dû annuler une grande partie de leurs vols ces dernières semaines. Selon le spécialiste des données aériennes Cirium, Qatar Airways a supprimé plus de 91 % de ses liaisons. Etihad a également réduit fortement son programme de vols.

Même si les compagnies du Moyen-Orient ne représentent qu’environ 9,5 % des capacités mondiales, leur rôle reste essentiel. Les grands hubs de Dubaï, Doha ou Abou Dhabi servent de plateformes de correspondance entre plusieurs continents. Lorsque ces aéroports sont perturbés, les conséquences se répercutent rapidement sur l’ensemble du trafic aérien international.

La hausse du prix du kérosène accentue également la pression sur les compagnies. Le carburant représente généralement entre un quart et un tiers des coûts d’exploitation. Pour préserver leurs marges, certaines compagnies augmentent déjà leurs tarifs. D’autres choisissent de réduire certaines liaisons.

Le transport maritime sous tension

Le transport maritime, qui assure plus de 80 % du commerce mondial, est lui aussi affecté. La hausse du prix du carburant pour les navires marchands renchérit le coût du transport. Les armateurs doivent désormais composer avec des dépenses énergétiques plus importantes. Cette hausse se répercute progressivement sur les chaînes logistiques.

Les routes reliant l’Asie à l’Europe et à l’Afrique sont particulièrement exposées. Elles passent par des zones sensibles comme le détroit d’Ormuz ou la mer Rouge. Plusieurs compagnies maritimes ont signalé des perturbations sur ces axes stratégiques. Les retards et les détours se multiplient.

Ainsi, quatorze porte-conteneurs de l’armateur français CMA CGM sont bloqués dans le détroit d’Ormuz. D’autres compagnies comme Maersk ou MSC rencontrent des difficultés similaires. Certains navires doivent désormais contourner l’Afrique. Ce détour rallonge considérablement les trajets et augmente les coûts.

Le tourisme mondial fragilisé par la guerre au Moyen-Orient

Le secteur du tourisme pourrait également subir des conséquences importantes. Selon Oxford Economics, les arrivées de visiteurs au Moyen-Orient pourraient chuter entre 11 % et 27 % en 2026. Cette baisse contraste avec la croissance de 13 % qui était initialement attendue avant le conflit.

La région joue en effet un rôle important dans les flux touristiques internationaux. Les hubs aéroportuaires du Golfe concentrent une grande partie des correspondances mondiales. Selon le World Travel & Tourism Council, ils représentent environ 14 % du trafic mondial de transit international.

Le conflit pourrait entraîner la perte de 116 millions de visites touristiques et de centaines de millions de nuitées dans le monde. Certains pays pourraient toutefois bénéficier d’un report de ces flux. Des destinations comme l’Espagne, la Grèce, le Maroc ou la Tunisie pourraient attirer davantage de voyageurs.

Le luxe et l’agriculture également touchés

Le marché du luxe commence lui aussi à ressentir les effets de la situation. Le Moyen-Orient constitue un marché stratégique pour de nombreuses marques internationales. Les boutiques situées dans les grands aéroports de la région réalisent une part importante de leurs ventes.

Selon les analystes du cabinet Bernstein, les ventes de produits de luxe pourraient être divisées par deux dans la région. La baisse du tourisme explique en grande partie ce recul. Les voyageurs internationaux représentent une clientèle essentielle pour ces marques.

L’agriculture mondiale est également concernée par ces tensions. Les pays du Golfe fournissent environ 30 % des fertilisants utilisés dans le monde. La hausse des prix des engrais inquiète déjà de nombreux agriculteurs. Les coûts du gaz et du diesel agricole augmentent aussi.

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