La hausse des prix de l’énergie commence à produire ses premiers effets dans l’économie. Si les consommateurs ne voient pas encore une forte augmentation dans les supermarchés, les entreprises ressentent déjà la pression. Entre flambée des carburants, hausse des coûts logistiques et tensions géopolitiques, plusieurs signaux laissent penser que l’impact sur les prix à la consommation pourrait bientôt devenir plus visible.
La première conséquence de la crise énergétique liée au conflit au Moyen-Orient s’observe sur les prix du pétrole. Depuis le début des attaques menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, suivies de ripostes iraniennes dans la région du Golfe, le prix du pétrole brut a fortement augmenté. Cette hausse se répercute directement sur les carburants. Les automobilistes ont été les premiers à en subir les effets. Mais les professionnels de la route sont encore plus exposés.
Les transporteurs routiers voient leurs coûts exploser. Selon Vincent Gaillard, dirigeant de l’entreprise de transport Sud Fresh, le prix du carburant a augmenté d’environ 30 % depuis le 1er janvier, ce qui représente près de 6 500 euros de surcoût par jour pour son entreprise, rapporte la RTBF. Une hausse qu’il est impossible d’absorber sans ajuster les tarifs. Pour limiter l’impact financier, de nombreux transporteurs utilisent des clauses carburant dans leurs contrats. Ces mécanismes permettent d’ajuster les prix de livraison en fonction de l’évolution du coût du carburant.
Une hausse des prix de l’énergie encore peu visible dans les magasins
Malgré cette pression sur les coûts logistiques, les prix dans les supermarchés restent pour l’instant relativement stables. Selon la fédération de la distribution Comeos, aucune augmentation importante n’est encore visible pour les consommateurs. Plusieurs raisons expliquent ce décalage. D’abord, les fabricants travaillent avec des contrats à long terme avec les distributeurs. Ces contrats empêchent d’augmenter immédiatement les prix, même lorsque les coûts de production ou de transport augmentent.
Dans l’industrie agroalimentaire, certains producteurs subissent déjà la hausse des frais de transport mais ne peuvent pas encore répercuter ces coûts. Les négociations commerciales ne permettent souvent des ajustements qu’après plusieurs mois.
Les stocks retardent la hausse des prix
Un autre facteur joue un rôle clé : les stocks. Les produits présents dans les magasins ont été fabriqués avant la récente hausse des coûts énergétiques. Dans la grande distribution, les stocks sont généralement renouvelés toutes les quatre semaines environ. Cela signifie que les produits fabriqués avec des coûts énergétiques plus élevés pourraient progressivement remplacer les anciens produits dans les rayons.
Une fois ces nouveaux produits arrivés sur le marché, les prix pourraient commencer à refléter davantage la hausse des coûts de production et de transport.
Une inflation alimentaire attendue en 2026
Les experts anticipent une hausse progressive des prix alimentaires. L’impact actuel sur le panier des consommateurs reste faible, estimé entre 0,3 % et 0,4 %. Mais cette situation pourrait évoluer rapidement. Les prévisions évoquent une inflation alimentaire comprise entre 3 % et 5 % en 2026, alors qu’elle était seulement d’environ 0,7 % en 2025. Certains produits pourraient même connaître des hausses beaucoup plus importantes.
Les aliments transformés, dont la production nécessite beaucoup d’énergie, pourraient voir leurs prix augmenter de 10 % à 30 % dans les prochains mois.
Un contexte énergétique incertain
Même si le conflit venait à s’apaiser, les prix de l’énergie pourraient rester élevés pendant un certain temps. Les bombardements ont endommagé certaines infrastructures liées à l’extraction de pétrole et de gaz, ce qui pourrait réduire la production mondiale. Dans ce contexte, les entreprises pourraient continuer à subir une pression sur leurs coûts. Et à terme, une partie de cette hausse devrait inévitablement être répercutée sur les consommateurs.
L’évolution des prix dépendra donc largement de la durée des tensions géopolitiques et de la capacité des marchés énergétiques à retrouver un équilibre.








