La crainte d’une nouvelle hausse des prix de l’énergie s’installe dans les foyers belges. Face à cette incertitude, les comportements évoluent. Des alternatives gagnent du terrain. Le chauffage au bois et aux pellets s’impose dans ce contexte.
Selon une étude menée par la Fédération belge du Bois Energie (FEBHEL) auprès de 1.500 personnes, 81 % des Belges redoutent une forte hausse des prix de l’énergie. Ce niveau d’inquiétude traduit un climat de méfiance durable vis-à-vis des coûts énergétiques. Dans ce contexte, les ménages cherchent des solutions pour mieux anticiper leurs dépenses. La question du chauffage devient centrale dans les arbitrages budgétaires, en particulier face à la volatilité du gaz et du mazout.
Le chauffage au bois s’installe dans les habitudes
Aujourd’hui, 36 % des Belges déclarent chauffer leur logement, au moins en partie, avec du bois ou des pellets. Ce choix repose sur plusieurs motivations. 34 % des utilisateurs évoquent la volonté de réduire leur facture, tandis que 21 % souhaitent mieux contrôler leurs coûts énergétiques. Pour Jean-François Sidler, président de la FEBHEL, cette tendance s’inscrit dans la durée. Il souligne que le chauffage au bois constitue à la fois une source d’énergie renouvelable et un levier pour gagner en autonomie face aux fluctuations des prix, rapporte Sudinfo.
Cette progression s’explique aussi par une perception de stabilité. Le prix du bois et des pellets est jugé plus prévisible que celui des énergies fossiles.
Une alternative face à la domination du gaz
Malgré cette évolution, les énergies fossiles restent majoritaires. 56 % des habitations sont chauffées au gaz et 18 % au mazout. Ces systèmes dominent encore largement le paysage énergétique belge. La volatilité des prix modifie néanmoins les perceptions. 61 % des Belges considèrent désormais le chauffage au bois ou aux pellets comme une protection contre les hausses. Cette perception alimente les intentions d’équipement.
Ainsi, un quart des ménages non équipés envisagent d’investir dans ce type de chauffage. La recherche de prévisibilité budgétaire apparaît comme un facteur déterminant dans cette décision.
Des équipements à moderniser et des usages combinés
Le chauffage au bois s’inscrit aussi dans une logique de complément. Près de 8 % des logements sont équipés d’une pompe à chaleur, mais 44 % des propriétaires estiment qu’elle ne suffit pas toujours à couvrir leurs besoins. Dans ce contexte, 43 % combinent leur installation avec un poêle ou un insert. Cette hybridation des systèmes traduit une adaptation progressive aux contraintes énergétiques.
Le parc d’équipements reste marqué par son ancienneté. Plus d’un appareil sur cinq a plus de 25 ans. Une modernisation apparaît possible : 71 % des propriétaires se disent prêts à remplacer leur installation en présence d’aides publiques.
Une information encore limitée sur les évolutions à venir
L’étude met en lumière un manque de connaissance sur les politiques futures. Seuls 31 % des Belges ont entendu parler de la taxe carbone européenne prévue en 2028. Pour les acteurs du secteur, une meilleure information pourrait orienter les choix des ménages. Une communication plus claire permettrait d’anticiper les évolutions et de favoriser des décisions cohérentes avec les contraintes économiques et énergétiques.
Dans un contexte marqué par l’incertitude, les comportements des consommateurs belges évoluent. Le chauffage au bois illustre cette recherche de stabilité face à des prix de l’énergie perçus comme imprévisibles.








