Pensions complémentaires en Belgique : pourquoi les femmes sont toujours désavantagées malgré la réforme ?

Malgré les réformes, les inégalités entre hommes et femmes sur les pensions complémentaires perdurent, laissant les femmes désavantagées dans leur retraite.

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Pensions complémentaires en Belgique : pourquoi les femmes sont toujours désavantagées malgré la réforme ? Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Les inégalités entre hommes et femmes en matière de pensions complémentaires persistent malgré les réformes récentes. Bien que des efforts aient été faits pour combler cet écart, les femmes restent désavantagées en raison de carrières fragmentées et de charges familiales. La question demeure : les réformes actuelles suffiront-elles à mettre fin à cette injustice ?

Le gouvernement De Wever a dévoilé sa réforme des pensions dans l’espoir de moderniser le système et d’encourager les travailleurs à accumuler davantage de droits à la pension complémentaire. Si la réforme a été bien accueillie par certains secteurs, elle a aussi généré des inquiétudes, notamment en ce qui concerne son impact sur les femmes. Ces dernières, en raison de leur participation plus importante aux tâches familiales, sont plus souvent confrontées à des carrières fragmentées. De plus, les femmes travaillent plus fréquemment à temps partiel, ce qui se traduit par une accumulation plus faible de droits à pension.

Le ministre des Pensions, Jan Jambon, a admis que le montant moyen des réserves pour les futurs pensionnés reste insuffisant pour garantir une retraite confortable. Selon lui, l’écart entre hommes et femmes dans ce domaine est toujours problématique. En effet, bien que les hommes aient constitué une réserve moyenne de 30 173 euros, les femmes n’ont accumulé en moyenne que 18 171 euros, détaille la Libre. Cette différence, bien que significative, ne semble pas se réduire avec la réforme actuelle.

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Crédit : Econostrum

 

Les pensions complémentaires : un fossé qui ne cesse de se creuser

Une analyse des données de PensionStat.be montre clairement que les femmes continuent de rencontrer des obstacles importants dans la constitution de leur pension complémentaire. En 2024, pour la moitié des femmes, la réserve de pension était de 2 657 euros, un montant qui se traduit par une rente mensuelle de moins de 14 euros. En comparaison, les hommes, avec des réserves beaucoup plus élevées, peuvent espérer une rente mensuelle bien supérieure. Cette situation met en lumière une inégalité systémique qui perdure malgré les efforts du gouvernement pour renforcer le système de pension.

Le ministre Jambon affirme que la réforme vise à encourager les Belges à travailler plus longtemps et plus intensément, en espérant que cela permettra de combler une partie de l’écart. Cependant, cette approche pose question : comment les femmes, souvent contraintes par des responsabilités familiales, peuvent-elles bénéficier d’une telle réforme si elles ne disposent pas des mêmes opportunités pour augmenter leurs réserves de pension ?

Le rôle de la charge familiale dans l’inégalité des pensions

L’une des principales causes de l’écart entre les pensions complémentaires des hommes et des femmes est la charge familiale. Les femmes, qui portent encore la majorité des responsabilités domestiques et parentales, sont plus susceptibles de travailler à temps partiel ou d’interrompre leur carrière pour élever leurs enfants. Ce phénomène réduit leurs opportunités de constituer des droits de pension et, par conséquent, leur pension complémentaire reste largement inférieure à celle des hommes.

Bien que la réforme propose d’inciter la population à travailler plus longtemps et à accumuler davantage de droits à pension, les femmes risquent de se retrouver à la traîne si des mesures spécifiques ne sont pas prises pour tenir compte de leurs conditions de travail particulières. La solution ne réside pas uniquement dans l’augmentation du temps de travail ou des cotisations, mais dans une prise en compte plus profonde de la réalité sociale des femmes.

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