1,7 milliard d’euros d’endettement à Bruxelles : un pari sur l’avenir ou une bombe à retardement ?

Bruxelles prévoit un endettement de 1,7 milliard d’euros pour 2026, afin de financer ses grands projets d’infrastructure. Une stratégie qui divise les experts.

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1,7 milliard d’euros d’endettement à Bruxelles : un pari sur l’avenir ou une bombe à retardement ? Crédit : DR | Econostrum.info - Belgique

En 2026, la Région bruxelloise va augmenter son endettement de 1,7 milliard d’euros, selon le budget récemment présenté par le ministre du Budget, Dirk De Smedt. Cette décision, bien que nécessaire pour financer plusieurs grands projets d’infrastructure, inquiète la Cour des comptes, qui pointe un manque de transparence dans les mesures d’économies prévues et l’incertitude sur la maîtrise du déficit à long terme. 

Le budget 2026 de la Région bruxelloise présente un déficit de 957 millions d’euros, un chiffre qui a été confirmé par la Cour des comptes, qui parle même d’un déficit de 978 millions d’euros. Face à cette situation, le gouvernement bruxellois a décidé de recourir à un mécanisme budgétaire appelé « code 8 », permettant d’exclure une partie des emprunts du calcul du déficit si ces fonds sont investis dans des projets d’infrastructure. Cette manœuvre, bien que légale, pourrait masquer l’ampleur de l’endettement réel, et suscite des interrogations sur la durabilité de cette stratégie à long terme.

Des priorités claires, mais des réductions ailleurs

Le gouvernement bruxellois a décidé de concentrer ses efforts budgétaires sur quelques secteurs clés. La mobilité, les pouvoirs locaux (communes) et la sécurité bénéficieront d’enveloppes budgétaires plus élevées, une décision qui s’inscrit dans une volonté d’améliorer les infrastructures et les services publics à Bruxelles. À titre d’exemple, la mobilité se voit allouer 190 millions d’euros supplémentaires, pour financer la rénovation des tunnels vétustes et finaliser le chantier du métro près de la Gare du Midi.

En revanche, d’autres secteurs connaissent des réductions significatives, comme les frais de personnel et de fonctionnement, qui devront se réduire de respectivement 84 et 127 millions d’euros, souligne le Soir. Les subventions facultatives, le logement, l’économie et l’environnement seront également touchés par des coupes budgétaires.

Un endettement record qui suscite les critiques de la Cour des comptes

Malgré ces efforts pour contenir les dépenses, la Cour des comptes reste préoccupée par la gestion de la dette bruxelloise. L’institution souligne le manque de détails concernant les économies qui devraient être réalisées entre 2027 et 2029 et met en garde contre les risques d’un effet boule de neige si la dette continue de croître de manière incontrôlée. La Belgique, et Bruxelles en particulier, se trouvent dans une situation financière fragile, avec une dette publique déjà élevée, ce qui rend le contrôle des finances régionales encore plus crucial.

À l’horizon 2029, le gouvernement bruxellois prévoit un apport significatif provenant des recettes fiscales, représentant environ un tiers des économies nécessaires. Cependant, les experts, dont l’économiste de l’ULB Maxime Fontaine, jugent ces prévisions optimistes. Ils estiment que la capacité du gouvernement à réduire de manière réaliste les frais de fonctionnement tout en maintenant des projets ambitieux, comme la rénovation des infrastructures, reste incertaine. Selon eux, la Région doit adopter une stratégie plus claire pour garantir la soutenabilité de la dette à long terme.

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