Les récents événements au Moyen-Orient ont ravivé les inquiétudes concernant l’impact de la guerre sur l’économie mondiale, notamment sur les prix des denrées alimentaires. Tandis que les consommateurs s’inquiètent de la flambée des coûts, certains experts assurent qu’il est encore trop tôt pour paniquer. Toutefois, un certain nombre de facteurs pourraient bien rendre votre ticket de caisse plus salé dans les mois à venir.
Le blocage du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour près du quart du commerce maritime mondial de pétrole et environ un tiers du commerce maritime d’engrais, a de quoi inquiéter. Le pétrole et les engrais sont essentiels pour de nombreuses industries, y compris l’agriculture, et toute perturbation de leur approvisionnement peut entraîner des hausses de prix importantes. Le coût de l’énergie, déjà élevé à cause de la crise énergétique mondiale, pourrait encore augmenter, accentuant la pression sur les chaînes d’approvisionnement.
Les prix de ces produits risquent d’augmenter
Pierre-Alexandre Billiet, CEO de Gondola, a souligné que certains produits comme le safran ou les pistaches, en provenance directe du Moyen-Orient, risquaient d’augmenter en prix, mais que l’impact global serait limité, rapporte la Libre. Les prix de l’énergie, bien que sensibles, ne devraient pas affecter significativement le budget des ménages belges pour le moment. Cependant, les comportements des consommateurs jouent un rôle crucial. Les achats paniques, observés par exemple lors de la pandémie de Covid-19, pourraient perturber la distribution et déstabiliser les prix, avec des hausses injustifiées sur certains produits.
L’élément perturbateur majeur reste la combinaison de la guerre, du changement climatique et des crises logistiques mondiales. La guerre, qui est déjà une catastrophe humanitaire, pourrait se transformer en un véritable « effet cocktail » de hausses de prix si elle perdure. Le climat joue aussi un rôle important : les inondations en Espagne en 2024 ont déjà fait grimper les prix du jus d’orange de plus de 100 %, et des produits comme les concombres et courgettes ont suivi la même tendance.
Une évolution qui dépend de l’avenir du conflit
Mais selon certains experts, la situation pourrait rester sous contrôle si le conflit ne dure pas trop longtemps. En effet, si cette crise persiste pendant un trimestre, l’impact sur les prix des courses serait de l’ordre de 10 à 100 euros supplémentaires par an, soit une hausse comprise entre 0,3 et 3 % des achats alimentaires annuels. Bien que cette hausse soit significative, elle reste « gérable » selon Pierre-Alexandre Billiet.
Enfin, l’agriculture traditionnelle, notamment celle qui utilise des engrais azotés, reste le secteur le plus vulnérable. Le prix de ces engrais, produit à partir de gaz naturel, pourrait augmenter considérablement si le détroit d’Ormuz reste fermé. Cela risque de mettre les agriculteurs sous pression, notamment ceux des secteurs non bio, qui dépendent largement des engrais chimiques pour leurs cultures.








