Les tentatives d’arnaque visant les clients des banques se multiplient en Belgique. Le téléphone est devenu l’un des principaux outils des fraudeurs. La fédération du secteur financier, Febelfin, appelle à une vigilance accrue. Les arnaques reposent sur une technique bien rodée et difficile à détecter.
La méthode utilisée porte le nom de « vishing », contraction des mots anglais « voice » et « phishing ». Il s’agit d’une forme d’hameçonnage par téléphone, au cours de laquelle les escrocs tentent d’obtenir des informations bancaires sensibles directement auprès de leurs victimes, explique le Soir.
Concrètement, les fraudeurs contactent les particuliers en se faisant passer pour des collaborateurs bancaires ou pour des représentants d’organisations reconnues. Dans certains cas, un message vocal préenregistré annonce une transaction suspecte sur le compte et invite la personne à rappeler un numéro spécifique. Ce numéro renvoie en réalité vers les escrocs.
L’affichage d’un numéro belge sur l’écran du téléphone renforce le sentiment de confiance. Pourtant, cette apparence ne garantit en rien l’authenticité de l’appel. Les techniques de falsification permettent d’usurper des numéros officiels.
Obtenir des codes et déclencher des opérations
L’objectif des fraudeurs est clair : pousser la victime à transmettre ses codes bancaires, ses identifiants ou les données de sa carte. Ils peuvent également demander de valider une opération via l’application itsme, utilisée en Belgique pour sécuriser les transactions en ligne.
Dans d’autres situations, l’escroc incite la personne à effectuer un virement vers un compte communiqué durant l’appel. Il peut aussi proposer l’installation d’un logiciel censé sécuriser l’appareil, mais qui permet en réalité de prendre le contrôle du téléphone à distance.
La stratégie repose sur la pression et l’urgence. Les victimes sont informées d’une opération frauduleuse supposée ou d’un blocage imminent, ce qui les pousse à agir rapidement sans procéder à des vérifications.
Les conseils de Febelfin pour se protéger des arnaques
Face à la multiplication de ces fraudes, Febelfin rappelle qu’aucune banque ne demande de communiquer des codes ou mots de passe par téléphone. Un collaborateur légitime ne sollicitera jamais la validation d’une action via itsme dans le cadre d’un appel sortant.
La fédération recommande de raccrocher immédiatement en cas d’appel suspect et de contacter sa banque en utilisant exclusivement le numéro officiel figurant sur son site internet ou sur sa carte bancaire.
Que faire en cas de fraude ?
Si des informations ont été communiquées ou si une opération suspecte a été réalisée, il est conseillé de contacter sans délai le service fraude de sa banque. Une réaction rapide peut limiter les pertes financières.
Il est également recommandé de déposer plainte auprès de la police. Le signalement permet d’alimenter les enquêtes et de mieux cerner l’ampleur du phénomène. La progression du « vishing » illustre l’évolution des méthodes utilisées par les fraudeurs. La prudence face aux appels inattendus reste le premier rempart contre ce type d’escroquerie.







