La Belgique bat des records d’importations de gaz américain : une stratégie payante ou une nouvelle dépendance ?

La Belgique atteint un record d’importation de gaz américain en 2025, marquant un tournant stratégique, mais soulève des questions sur la dépendance future.

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Gaz
La Belgique bat des records d’importations de gaz américain : une stratégie payante ou une nouvelle dépendance ? Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

La Belgique a franchi un cap historique en 2025 avec un record d’importations de gaz naturel liquéfié (GNL) américain. Avec plus de 55 térawattheures de GNL déchargés, la Belgique marque un tournant stratégique dans sa politique énergétique. Cette évolution soulève des questions cruciales : la Belgique devient-elle trop dépendante des États-Unis pour son approvisionnement en énergie ?

En 2025, les importations de GNL américain ont franchi un cap inédit en Belgique. Selon les chiffres publiés par le SPF Économie, la Belgique a déchargé 55,5 TWh de GNL provenant des États-Unis, contre 14,1 TWh en 2024 et 26,6 TWh en 2023, année précédant ce nouveau record. Cette explosion des importations est le résultat direct de la volonté de l’Union européenne de se détourner de la dépendance au gaz russe, un objectif d’autant plus crucial depuis le début du conflit en Ukraine. À cet égard, la Belgique joue un rôle central en tant que principal point d’entrée de ce GNL américain sur le territoire européen, via le terminal de Zeebruges.

L’impact de la stratégie européenne pour se défaire du gaz russe

Le recours massif au GNL américain découle de la stratégie énergétique de l’UE visant à diversifier ses approvisionnements. Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’Europe a cherché à réduire sa dépendance au gaz russe, traditionnellement l’une de ses principales sources d’approvisionnement en énergie. Cette réorientation a poussé la Belgique, comme d’autres pays européens, à se tourner vers d’autres acteurs mondiaux, notamment les États-Unis, pour sécuriser ses besoins énergétiques. En conséquence, une part importante du GNL importé via Zeebruges provient désormais des États-Unis, qui, sur les six derniers mois, ont fourni près de 49 % du GNL déchargé à Zeebruges.

Risque de dépendance accrue envers les États-Unis ?

Malgré l’objectif d’indépendance vis-à-vis de la Russie, cette nouvelle dépendance pourrait poser des défis. Selon l’Institute for Energy Economics and Financial Analysis (IEEFA), la tendance actuelle pourrait mener à une dépendance croissante vis-à-vis des États-Unis, au point où le GNL américain représenterait jusqu’à 80 % des importations européennes d’ici 2030. Un tel scénario soulève des interrogations sur l’équilibre stratégique de l’Europe, qui pourrait voir ses relations énergétiques dominées par un seul fournisseur, ce qui pourrait réduire la flexibilité et la négociation des prix.

Les implications économiques et géopolitiques de cette évolution

L’augmentation des importations de GNL américain pourrait offrir à l’Europe une certaine sécurité énergétique en réduisant sa dépendance à un fournisseur unique. Toutefois, une telle situation pourrait aussi renforcer l’influence des États-Unis sur le marché énergétique européen, avec des conséquences sur la compétitivité des autres fournisseurs comme la Russie et le Qatar. De plus, le passage à une telle source d’approvisionnement pourrait entraîner des coûts plus élevés pour les consommateurs européens, bien que le GNL soit actuellement considéré comme une alternative stratégique à la baisse des livraisons russes.

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