Les hausses des salaires en Belgique, souvent un sujet sensible, ne semblent pas à l’horizon, du moins selon Pieter Timmermans, le directeur de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB). En dépit des progrès réalisés par le pays pour réduire son handicap salarial par rapport à ses voisins, les experts restent prudents, soulignant que les attentes ne doivent pas être trop élevées dans le climat économique mondial actuel.
Le 20 février 2026, Pieter Timmermans a exprimé ses réserves concernant la possibilité d’augmentations de salaires importantes dans les mois à venir. Bien que le Conseil central de l’économie (CCE) ait souligné dans un rapport récent que la Belgique rattrapait son retard salarial vis-à-vis de ses voisins, Timmermans a tempéré cet optimisme, appelant à la prudence. « Ne créons pas trop d’attentes« , a-t-il averti, soulignant que bien que la Belgique soit désormais légèrement avantagée par rapport à certains pays voisins, cet avantage reste fragile et pourrait se dissiper face à l’instabilité géopolitique et économique.
Le CCE prévoit une amélioration modeste de la compétitivité salariale belge à partir de 2027, avec un gain de 1 % par rapport à la situation actuelle, rapporte Le Soir. Toutefois, cette prévision repose sur une analyse qui, selon Timmermans, est basée sur des données partielles, ne tenant pas compte de l’évolution du marché du travail, ni des défis économiques à long terme, notamment ceux liés à l’industrie allemande et au déficit commercial.
Une réforme structurelle du système salarial ?
En conséquence, Timmermans se positionne en faveur d’une réforme structurelle du système salarial belge, en particulier concernant la norme salariale et l’indexation automatique. Depuis l’introduction de la loi de 1996, qui a fixé des règles strictes sur l’évolution des salaires, de nombreuses voix s’élèvent pour plaider en faveur de changements adaptés aux réalités actuelles. Timmermans, tout en défendant l’importance de préserver la compétitivité de la Belgique, estime qu’il est temps de négocier une nouvelle « loi salariale« , en laissant les salaires négociables sans indexation automatique, surtout dans un monde incertain.
Les syndicats, de leur côté, restent fermes dans leur volonté d’améliorer les conditions salariales pour les travailleurs. Ils soulignent que la productivité a augmenté, notamment en raison de réductions de cotisations sociales, mais que les bénéfices n’ont pas été réinvestis de manière significative dans les salaires. Cependant, Timmermans réfute cette analyse, précisant que les dividendes ont effectivement diminué, contrairement aux affirmations des syndicats.
Le débat autour des salaires reste ouvert
Le débat autour des salaires en Belgique est désormais un enjeu crucial pour l’avenir économique du pays. D’un côté, il y a l’appel à une plus grande liberté de négociation salariale, et de l’autre, la nécessité de maintenir la stabilité économique. Le défi majeur sera de trouver un équilibre entre un modèle salarial efficace et la compétitivité internationale, tout en répondant aux attentes des travailleurs. Dans un contexte mondial incertain, la Belgique pourrait bien se retrouver à un carrefour décisif dans ses négociations salariales.








