Bruxelles : comment le gouvernement compte-t-il économiser 125 millions d’euros ?

Le gouvernement bruxellois prolonge le gel des recrutements pour réduire les coûts administratifs, sans licenciements, mais avec une rationalisation des institutions.

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Bruxelles : comment le gouvernement compte-t-il économiser 125 millions d’euros ? Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Sous la direction du libéral Boris Dilliès, le gouvernement bruxellois met en place un moratoire sur les recrutements, afin de réduire les coûts administratifs. Bien que cette mesure vise à maîtriser les dépenses, aucune suppression de postes ni impact sur les fonctions opérationnelles n’est prévu, à l’exception de 2026.

Les chiffres sont saisissants : le nombre de fonctionnaires bruxellois a augmenté de 37 % entre 2015 et 2023, passant de 8 756 à 12 093. Ce chiffre place Bruxelles loin devant les autres régions du pays en termes de nombre de fonctionnaires par habitant, avec environ un fonctionnaire pour 100 habitants, comparé à un fonctionnaire pour 280 habitants en Wallonie et en Flandre. Cette situation soulève des questions sur la justification de cette hausse, d’autant plus que les coûts salariaux ont explosé. Les dépenses en personnel, y compris celles de la STIB, sont passées de 1,2 milliard en 2018 à 1,8 milliard en 2024, soit une augmentation de 50 % en seulement six ans.

L’explosion des organismes publics

Une des raisons de cette inflation des effectifs est la création de nouveaux organismes. À Bruxelles, on dénombre actuellement 23 institutions publiques, dont les deux plus grandes, Actiris et Bruxelles Environnement, ont vu leurs effectifs augmenter considérablement. Actiris, l’agence bruxelloise pour l’emploi, a doublé ses effectifs en vingt ans, atteignant 1 518 employés en 2024. Bruxelles Environnement, quant à lui, a vu ses effectifs passer de 630 en 2005 à 1 260 en 2024. Ces hausses sont liées aux réformes de l’État, notamment la sixième réforme de l’État, qui a transféré de nouvelles compétences aux Régions.

Cependant, certaines institutions justifient cette augmentation par la mise en œuvre de directives européennes complexes, nécessitant davantage de personnel.

Une rationalisation des organismes pour réduire les coûts

Face à ces coûts colossaux, le gouvernement bruxellois envisage une rationalisation des institutions. Parmi les mesures envisagées, des rapprochements sont à l’étude entre des institutions comme Perspective.brussels et Urban.brussels, rapporte La Libre. Un autre objectif majeur est la réduction de l’absentéisme, qui représente également un coût important pour la Région. Le gouvernement espère économiser 37 millions d’euros sur la période grâce à cette mesure, bien que les détails sur les pratiques exactes restent flous.

Ces économies devraient se cumuler au fil des années, avec une prévision de 125 millions d’euros d’ici 2029, dont 50 millions d’économies dès 2026.

Vers une gestion plus efficace mais controversée

La réduction des coûts dans l’administration bruxelloise est une nécessité aux yeux du gouvernement, mais elle suscite des inquiétudes. Certaines réformes, telles que le moratoire sur les recrutements, sont saluées par les partisans d’une gestion plus efficace, mais elles laissent des questions sans réponse sur les conséquences sociales de ces changements. En effet, bien que le gouvernement assure qu’il n’y aura pas de licenciements massifs, la rationalisation pourrait entraîner une redéfinition des missions et des tâches de certaines institutions, avec des impacts sur les travailleurs.

La réforme administrative, bien qu’inevitable dans un contexte de gestion budgétaire stricte, devra donc trouver un équilibre entre la réduction des coûts et le maintien de l’efficacité des services publics. Les prochaines années seront cruciales pour mesurer les résultats de ces réformes ambitieuses et s’assurer que les économies promises ne se feront pas au détriment de la qualité des services aux Bruxellois.

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