La réforme du chômage en Belgique pourrait entraîner une crise financière majeure. La Cour des comptes alerte sur des erreurs de calcul dans les prévisions gouvernementales, notamment en ce qui concerne la compensation pour les CPAS. Ces erreurs risquent de rendre les fonds insuffisants à long terme.
Le gouvernement belge, dans le cadre de sa réforme du chômage, avait estimé qu’un tiers des chômeurs de longue durée retrouverait un emploi, un autre tiers bénéficierait du revenu d’intégration, et le dernier tiers disposerait de ressources suffisantes pour subvenir à ses besoins. Cependant, la Cour des comptes a récemment révélé que ces prévisions étaient largement erronées, notamment en ce qui concerne le nombre de personnes qui basculeraient vers le revenu d’intégration, rapporte RTL.
Une grande partie des personnes privées de chômage se tournent vers le revenu d’intégration
En effet, les chiffres montrent que dans les grandes villes, entre 40 et 50 % des chômeurs, une fois privés de leurs allocations, se tournent vers ce revenu de substitution. Ces données mettent en lumière une sous-estimation importante des besoins financiers des CPAS. Alors que 300 millions d’euros sont alloués pour compenser la perte des allocations de chômage en 2026, ces fonds risquent d’être largement insuffisants dans les années à venir. La Cour des comptes prévoit que ces dépenses pourraient dépasser 700 millions d’euros d’ici 2029, soit une hausse spectaculaire en seulement quelques années.
Cette situation soulève une question cruciale : le gouvernement a-t-il pris en compte la réalité du marché de l’emploi ? Les prévisions selon lesquelles un tiers des chômeurs retrouverait rapidement un travail semblent optimistes, voire irréalistes. En Wallonie, par exemple, on dénombre 272 000 chômeurs pour seulement 38 000 offres d’emploi, un déséquilibre flagrant qui complique davantage la réinsertion professionnelle des demandeurs d’emploi.
La taxe sur les plus-values également pontée du doigt
De plus, cette analyse met en lumière d’autres faiblesses dans la planification budgétaire. La taxe sur les plus-values, dépendant de l’évolution des marchés boursiers, et la réforme de la TVA, récemment partiellement abandonnée, sont des éléments sur lesquels repose une part importante du financement de cette réforme. L’incertitude économique et politique pourrait aggraver encore la situation.
En somme, bien que la réforme du chômage ait pour objectif de réduire le nombre de bénéficiaires d’allocations et de favoriser la réinsertion dans le marché de l’emploi, la Cour des comptes insiste sur le fait que les prévisions budgétaires actuelles ne sont pas réalistes. Il est impératif que les autorités revoient leur copie afin d’éviter une crise financière dans les années à venir.








