Alors que les Belges bénéficient d’une couverture d’assurance santé de plus en plus étendue, une partie importante de la population peine encore à faire face aux frais médicaux. L’enquête menée par Testachats met en lumière l’impact des coûts de santé sur le budget des ménages, avec des résultats alarmants qui soulignent les inégalités d’accès aux soins.
L’enquête, réalisée entre juin et septembre 2025 auprès de 1 010 répondants en Belgique, a révélé que près de 22 % des Belges ont des difficultés à assumer leurs dépenses de santé. Malgré une large couverture par des assurances complémentaires, de nombreux ménages doivent encore faire face à des coûts importants pour les soins médicaux, les médicaments, les équipements spécifiques comme les lunettes ou les appareils auditifs, et même pour les soins dentaires.
En moyenne, un ménage belge dépense environ 1 211 euros par an pour ses frais de santé, en plus de la prime annuelle pour leur assurance maladie complémentaire. Ces dépenses, bien que partiellement couvertes par une assurance, peuvent rapidement atteindre des sommes considérables, notamment lorsque des soins spécialisés ou des équipements coûteux sont nécessaires.
L’assurance complémentaire : une couverture qui reste insuffisante
L’enquête met également en évidence que, bien que la majorité des ménages belges (85 %) souscrivent une assurance complémentaire, cette couverture n’est pas toujours suffisante pour faire face à l’ensemble des dépenses de santé. L’assurance hospitalisation, qui est la plus courante, couvre de nombreux frais, mais certaines dépenses, telles que les soins dentaires, les lunettes, ou encore les appareils auditifs, sont souvent à la charge des patients. Pour ces postes spécifiques, l’assurance complémentaire reste insuffisante, et les coûts supplémentaires sont répercutés sur les foyers.
De plus, les prix de ces équipements et soins, qui ne sont pas pris en charge par la sécurité sociale, représentent une part importante du budget de certains ménages. Parmi les répondants, 29 % ont eu des difficultés à financer des lunettes ou des lentilles, 26 % ont rencontré des obstacles pour l’achat d’appareils auditifs, et 24 % ont eu du mal à payer leurs soins dentaires. Ces chiffres montrent l’impact direct de ces coûts supplémentaires sur la vie quotidienne des Belges.
Des inégalités exacerbées par les maladies chroniques
Les disparités sont encore plus marquées pour les familles touchées par des maladies chroniques. Les ménages concernés par une maladie chronique consacrent en moyenne 35 % de leurs revenus à la santé, contre 16 % pour ceux qui n’ont pas de pathologies de longue durée. Les coûts élevés liés à ces maladies, comme les médicaments ou les soins réguliers, ajoutent une pression supplémentaire sur le budget familial. Cela explique en partie pourquoi près de 24 % des répondants affirment que les dépenses de santé représentent plus de 20 % de leurs revenus nets annuels.
L’une des conséquences dramatiques de ces coûts élevés est que de nombreux Belges sont contraints de renoncer ou de reporter certains soins médicaux. Selon l’enquête, 20 % des ménages ont dû annuler ou repousser au moins une dépense de santé en raison de leur coût. Parmi ceux-ci, 13 % ont reporté des soins dentaires, et 12 % ont renoncé à des lunettes ou à des médicaments sans ordonnance. Ces reports, bien que parfois jugés nécessaires pour des raisons financières, peuvent avoir des conséquences négatives sur la santé à long terme, aggravant certains problèmes de santé non traités.
Appel à une régulation des coûts des soins de santé
Face à ces résultats préoccupants, Testachats appelle à des réformes urgentes pour mieux réguler les coûts des soins de santé. L’association suggère de plafonner les suppléments d’honoraires, ces frais supplémentaires que certains médecins facturent, souvent sans encadrement, et de rendre les médecins plus enclins à se conventionner. De plus, Testachats demande des mesures plus ambitieuses pour rendre les soins plus accessibles et moins chers pour les ménages à faibles revenus.
Ces mesures sont d’autant plus cruciales que le gouvernement fédéral a récemment augmenté le ticket modérateur pour certains médicaments, ce qui pourrait accentuer encore davantage les difficultés des consommateurs.








