La chocolaterie Galler, emblématique de la région liégeoise, traverse une période critique. Après plusieurs années de difficultés financières, elle a été placée en procédure de réorganisation judiciaire. Cette décision, prise par le tribunal de Liège, offre à l’entreprise un répit de quatre mois pour tenter de redresser sa situation, avant que des décisions plus sévères ne soient prises.
Fondée il y a plusieurs décennies, la chocolaterie Galler a longtemps été une référence en Belgique, appréciée pour ses créations artisanales. Cependant, ces dernières années, l’entreprise a été confrontée à une série de défis économiques. Concurrence accrue, hausse des coûts de production, difficultés de distribution et changements dans les habitudes de consommation ont mis à mal ses finances.
Malgré des efforts pour se moderniser et diversifier sa gamme de produits, Galler n’a pas pu surmonter ses problèmes financiers. L’entreprise a accumulé une dette importante, dont une partie est maintenant gérée dans le cadre de la procédure de réorganisation judiciaire. En plus de ces défis externes, le contexte économique mondial, marqué par des crises successives, a contribué à rendre encore plus complexe la gestion de l’entreprise.
La procédure de réorganisation judiciaire silencieuse
La procédure de réorganisation judiciaire silencieuse permet à une entreprise en difficulté de restructurer ses finances sous la supervision d’un mandataire de justice. Contrairement à une procédure publique, celle-ci se déroule sans publicité, ce qui permet à l’entreprise de se concentrer sur sa réorganisation sans alarmer l’opinion publique ni provoquer la panique chez les clients et partenaires commerciaux.
Dans le cas de Galler, le tribunal de Liège a octroyé un sursis de quatre mois, un délai non renouvelable. Pendant cette période, la chocolaterie a pris la décision de ne pas rembourser huit de ses créanciers, ce qui lui permet de conserver des ressources financières afin de mener à bien son redressement. Cette stratégie vise à maintenir l’activité de l’entreprise sans interrompre ses opérations commerciales, explique Le Soir.
Galler mise sur Pâques et la réorganisation
Le calendrier joue un rôle crucial dans le processus de réorganisation. Galler mise particulièrement sur la période de Pâques, un moment clé pour les ventes de chocolat. Cette saison est généralement très lucrative pour les chocolateries, et Galler espère pouvoir générer suffisamment de revenus pour couvrir ses coûts et, éventuellement, apurer une partie de sa dette.
Cependant, la situation reste précaire. Le processus de réorganisation est toujours sous surveillance, et les créanciers devront décider, à l’issue des quatre mois de sursis, s’ils acceptent ou non les propositions de restructuration. Si ces propositions ne sont pas jugées satisfaisantes, l’entreprise pourrait se retrouver dans l’incapacité de poursuivre ses activités, menant à une faillite.
Un secteur en pleine mutation
Le cas de Galler n’est pas unique. Le secteur du chocolat haut de gamme a connu des bouleversements ces dernières années. La concurrence s’est intensifiée avec l’arrivée de nouvelles marques locales et internationales qui ont modifié les attentes des consommateurs. De plus, les tendances vers une consommation plus responsable et durable poussent les chocolatiers à repenser leur modèle économique, en particulier en matière de sourcing et d’emballage.
Dans ce contexte difficile, Galler se trouve à la croisée des chemins. L’entreprise devra rapidement ajuster sa stratégie pour répondre aux nouveaux défis du marché, tout en maintenant la qualité de ses produits et en renforçant sa relation avec ses clients fidèles.








