Augmentation d’impôts en Belgique : les pensionnés et chômeurs risquent-ils d’en payer le prix fort ?

Des organisations tirent la sonnette d’alarme sur la réforme fiscale, craignant que l’augmentation des impôts n’affecte davantage les pensionnés et chômeurs.

Publié le
Lecture : 2 min
impôt
Augmentation d'impôts en Belgique : les pensionnés et chômeurs risquent-ils d'en payer le prix fort ? Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Plusieurs organisations se sont inquiétées de l’impact d’une réforme fiscale annoncée par le gouvernement belge. Bien que le projet de loi soit censé alléger les impôts pour certains, il pourrait, en réalité, entraîner une augmentation des impôts pour les pensionnés, les malades et les chômeurs. Ces groupes vulnérables risquent de voir leur facture fiscale augmenter, ce qui suscite des préoccupations croissantes.

Le projet de réforme, porté par le gouvernement, a pour but de simplifier le système fiscal et d’alléger la charge fiscale des citoyens. L’une des mesures phares est l’augmentation progressive de la quotité du revenu exemptée d’impôt. Actuellement, cette quotité est de 10.910 euros et sera portée à 15.600 euros d’ici 2030. L’idée est de permettre à un plus grand nombre de Belges de bénéficier d’une exonération fiscale sur une plus grande partie de leur revenu. Mais cette réforme risque de ne pas bénéficier à tout le monde de la même manière.

Les groupes vulnérables exclus de cette mesure

Pour les pensionnés, les malades, les chômeurs et les bénéficiaires de revenus de remplacement, la réforme ne sera pas favorable. Ces groupes verront les avantages liés à l’augmentation de la quotité du revenu exemptée annulés par une diminution parallèle des réductions fiscales qui leur sont actuellement accordées. Par exemple, les pensionnés et les bénéficiaires de revenus de remplacement perdront une partie de la réduction d’impôt sur leurs allocations, annulant ainsi l’impact positif de l’augmentation de la quotité exemptée.

Les organisations représentant ces groupes, comme OKRA, Enéo, Samana et le BAPN, ont souligné que cette réduction d’impôt pourrait être particulièrement néfaste pour les plus vulnérables. Selon elles, ce processus risque de creuser davantage les inégalités entre les travailleurs et ceux qui dépendent des revenus de remplacement, rapporte RTL.

Une augmentation de la taxe communale : un impact direct

En plus de cette première mesure, un correctif fiscal est prévu à partir de 2029, qui augmentera la taxe communale pour les pensionnés, les malades et les chômeurs. Ce correctif vise à éviter que la baisse d’impôt globale ne se répercute trop négativement sur les finances des communes, mais il aura l’effet inverse pour ces groupes. En conséquence, ces personnes devront supporter une hausse directe de leurs impôts locaux, ce qui alourdira leur fiscalité.

Les associations estiment que l’impact cumulé de ces mesures sera lourd pour les pensionnés et autres bénéficiaires de revenus de remplacement. Selon leurs calculs, un pensionné isolé percevant une pension minimale pourrait perdre jusqu’à 5.091 euros d’ici 2030 en raison de la combinaison de la suppression de l’indexation, du plafonnement de l’indexation et des ajustements fiscaux prévus.

Un appel à une réforme plus équitable

Face à ces préoccupations, les organisations appellent le gouvernement à revoir sa copie. Elles demandent que la réforme tienne davantage compte de la situation des pensionnés, des malades et des chômeurs, pour éviter qu’elle ne les pénalise davantage. Alors que l’objectif affiché est de renforcer le pouvoir d’achat, il semble que cette réforme pourrait, au contraire, fragiliser les plus vulnérables, qui peinent déjà à joindre les deux bouts.

Laisser un commentaire

Share to...