La Belgique se trouve face à un défi colossal : rénover son parc immobilier vieillissant pour répondre aux normes énergétiques de 2050. Un chantier qui nécessitera 400 milliards d’euros et un rythme de rénovations jamais atteint. Le pays devra redoubler d’efforts pour moderniser ses infrastructures avant la date butoir.
En Wallonie et à Bruxelles, les bâtiments ont en moyenne 90 ans, soit bien au-dessus de la moyenne nationale. La plupart des logements ont été construits avant 1981 et ne répondent plus aux exigences climatiques actuelles, et encore moins aux normes futures. Cette vétusté, particulièrement marquée dans les régions bruxelloises et wallonnes, place la Belgique parmi les pays européens avec les parcs immobiliers les plus anciens et les plus énergivores.
Niko Demeester, CEO de la Fédération de la construction Embuild, rappelle que la Belgique souffre d’un « parc de logement très vétuste » qu’il est désormais urgent de rénover, rapporte RTL Info. Le grand défi réside dans la vitesse à laquelle ces rénovations doivent être menées. En 2050, les logements devront être classés A, la meilleure note énergétique possible. Aujourd’hui, seulement 112 rénovations sont réalisées par jour, mais pour atteindre l’objectif européen, ce rythme devra être multiplié par cinq, soit 574 rénovations quotidiennes.
L’ampleur de la tâche est titanesque et nécessite un changement radical de la manière dont les rénovations sont planifiées et exécutées.
Le coût colossal des rénovations du parc immobilier belge
Pour répondre à cette exigence, la Belgique devra investir 400 milliards d’euros dans la rénovation de ses bâtiments. Ce montant faramineux soulève des questions sur les sources de financement nécessaires. Salim Chamcham, économiste pour Embuild, souligne que ce défi ne pourra pas être relevé uniquement par les pouvoirs publics. Un partenariat public-privé sera essentiel pour maximiser l’effet levier des investissements. Les primes, prêts et mesures fiscales doivent être utilisés de manière optimale pour inciter à la rénovation.
Cette problématique est d’autant plus urgente que le secteur de la construction est déjà sous pression. Aubry Lefebvre, CEO de Thomas et Piron bâtiment, déplore la lenteur des procédures administratives, notamment la délivrance des permis de construire. Ce goulet d’étranglement ralentit non seulement le processus de rénovation, mais contribue aussi à l’augmentation des coûts. Si ces obstacles ne sont pas levés rapidement, l’objectif de modernisation du parc immobilier pourrait être compromis.
La croissance démographique et l’expansion urbaine
En plus des rénovations, la Belgique doit faire face à la croissance démographique, qui nécessite la construction de 900 000 nouveaux logements d’ici 2050. La Belgique devra non seulement rénover mais aussi construire de nouvelles infrastructures pour faire face à l’augmentation de la population. Le secteur immobilier doit donc jongler avec deux enjeux majeurs : la rénovation des anciens bâtiments et la construction de nouveaux logements pour répondre à la demande croissante.
Le défi sera d’autant plus complexe qu’il devra intégrer des critères de développement durable et de respect des voisins et des riverains. Selon Denis Van Laecke, directeur des travaux chez Lixon, il est essentiel d’anticiper et de dialoguer avec les habitants des zones concernées afin de garantir que les projets de construction se déroulent dans les meilleures conditions possibles.
Un enjeu national pour les prochaines décennies
Ce défi de rénovation de l’immobilier est sans doute l’un des plus importants auxquels la Belgique devra faire face dans les décennies à venir. Il implique non seulement des investissements financiers colossaux mais aussi des changements dans la gestion des processus administratifs et des infrastructures. Si le pays veut répondre aux exigences climatiques et garantir un logement de qualité à ses citoyens, une action coordonnée et rapide entre les pouvoirs publics et le secteur privé sera essentielle.








