Le mode de calcul des pensions change en Belgique. Le gouvernement fédéral a modifié la prise en compte du chômage dans le calcul des droits à la retraite. Une décision attendue, qui soulève des préoccupations parmi les allocataires concernés par une ou plusieurs périodes d’inactivité.
Depuis la fin du mois de janvier, les personnes sans emploi en Belgique voient leurs droits à la pension évoluer. Désormais, les périodes de chômage et de prépension ne seront plus valorisées de la même manière qu’auparavant. Concrètement, ces périodes ne sont plus calculées sur base du dernier salaire perçu, mais sur un salaire fictif plafonné à 33.000 euros brut par an.
La mesure, mise en œuvre par le gouvernement De Wever, concerne toutes les situations de chômage à partir du 1er février 2025. Elle ne modifiera donc le montant effectif des pensions qu’à partir de 2027, lorsqu’entreront en retraite les premières personnes concernées. Cette réforme vise, selon l’exécutif, à renforcer l’équité entre carrières complètes et parcours professionnels plus discontinus.
Des pertes de pension proportionnelles à la durée de l’inactivité
Les impacts sur le montant des pensions varient en fonction des revenus précédents et de la durée du chômage. D’après des simulations rapportées par RTL Info, un salarié célibataire ayant touché 3.500 euros brut par mois perdra environ 14 euros brut mensuels de pension après un an de chômage. Si cette situation se prolonge sur cinq ans, la perte peut atteindre 71 euros par mois.
Pour un revenu brut mensuel de 5.000 euros, cette perte peut aller jusqu’à 179 euros par mois au bout de cinq années sans emploi. Ces pertes ne sont pas rétroactives : seuls les événements de chômage postérieurs au 1er février 2025 sont concernés. Le nouveau mode de calcul introduit une distinction nette entre activités productives et périodes non travaillées, même si celles-ci sont involontaires.
Des exceptions prévues dans plusieurs secteurs
La réforme prévoit plusieurs exceptions. Les périodes de chômage temporaire imposé par l’employeur, ainsi que les interruptions de mission pour artistes, pêcheurs ou travailleurs portuaires, ne sont pas concernées. Ces professions continueront à accumuler leurs droits à la pension comme avant. Par ailleurs, les personnes déjà en prépension avant le 1er février 2025 conservent l’ancien mode de calcul.
Cette différenciation tient compte de la spécificité de certains métiers et de leur lien direct avec des régimes de travail intermittents ou cycliques.
Une réforme guidée par un double objectif
Pour le gouvernement, cette mesure vise à éviter que les périodes de chômage ne deviennent un avantage indirect en matière de pension. Elle a également pour but de limiter le coût budgétaire des pensions futures. En plafonnant la prise en compte des revenus fictifs, l’État espère réaliser des économies et inciter à la reprise d’activité plus rapide en cas de perte d’emploi.
Le dispositif introduit par l’équipe De Wever s’inscrit dans une stratégie plus large de refonte du système de pension, qui cherche à mieux distinguer les périodes actives de celles sans contribution effective à la sécurité sociale.








