Le rideau tombe sur la période officielle des soldes d’hiver. Pour de nombreux commerçants, les résultats sont loin des espérances. Entre prudence des ménages et météo peu coopérative, la saison hivernale n’a pas tenu ses promesses.
Selon une enquête menée conjointement par Mode Unie et Unizo, deux commerçants de mode sur trois ont constaté une diminution de leur chiffre d’affaires par rapport à la même période l’an dernier. Le volume des ventes est en recul, confirmant une dynamique déjà observée en 2023.
Seuls 17 % des commerçants interrogés indiquent avoir réalisé de meilleurs résultats que l’année précédente. Pour la grande majorité, la période des soldes d’hiver s’est traduite par une activité en retrait, malgré des remises parfois importantes et prolongées.
Des conditions météorologiques qui ont impactées les soldes
Le démarrage des soldes a été freiné par des chutes de neige qui ont découragé les déplacements vers les commerces physiques. Puis, au fil des jours, ce sont des températures anormalement douces pour un mois de janvier qui ont pesé sur les achats.
D’après Isolde Delanghe, directrice de Mode Unie, les consommateurs agissent désormais avec plus de retenue. L’absence de froid prolongé a réduit l’envie d’investir dans des articles saisonniers comme les manteaux, doudounes ou gros pulls, dont les stocks ont parfois peiné à s’écouler.
Un contexte économique et politique peu incitatif
Au-delà de la météo, le climat géopolitique instable continue de nourrir l’incertitude économique. Cette conjoncture pousse les ménages à renforcer leur maîtrise budgétaire, y compris pendant les périodes traditionnellement consacrées aux achats.
Ce phénomène de consommation raisonnée, accentué depuis la pandémie et renforcé par l’inflation, modifie profondément les comportements d’achat. Les soldes ne sont plus vécus comme une opportunité systématique, mais comme une occasion ponctuelle, conditionnée par les besoins réels et la situation personnelle.
Des commerçants qui revoient leur stratégie à la baisse
Face à cette évolution, les commerçants réagissent en réduisant leurs commandes. Pour la collection hiver en cours, les volumes d’achat ont été diminués en moyenne de 12,5 %. Cette baisse reflète une volonté d’éviter les surstocks coûteux, mais aussi une adaptation à une demande plus imprévisible.
Isolde Delanghe souligne que les difficultés ne sont pas limitées aux périodes de soldes. Le secteur de la mode indépendante reste sous pression, confronté à la concurrence du commerce en ligne, à la volatilité des prix fournisseurs et à l’évolution rapide des modes de consommation.








