Téléphoner, écrire, scroller, regarder des vidéos : les usages numériques ont envahi l’habitacle. En Belgique, un nombre croissant d’automobilistes admettent utiliser leur téléphone au volant. Cette banalisation inquiète les experts de la sécurité routière.
Selon une enquête publiée par l’institut Vias, un conducteur belge sur quatre reconnaît lire ou envoyer des SMS en conduisant. Ce comportement, de plus en plus répandu, multiplie le risque d’accident par six, rappelle l’organisme. Il s’agit là d’un danger supérieur à celui représenté par une conversation téléphonique sans kit mains libres, dont le risque est multiplié par deux.
La distraction au volant ne se limite pas aux messages. Un conducteur sur dix admet participer à des réunions de travail en ligne en roulant. Par ailleurs, six pour cent des personnes interrogées déclarent regarder un film ou une série tout en conduisant. Enfin, 86 % des conducteurs disent détourner leur regard de la route pendant plus de deux secondes, ce qui augmente le risque d’accident par sept.
Ces chiffres témoignent d’un usage du téléphone en voiture largement banalisé, malgré les nombreuses campagnes de prévention.
Des conséquences bien réelles sur les routes
En 2024, 110 894 conducteurs ont été verbalisés pour usage du téléphone portable au volant, soit une moyenne de plus de 300 infractions par jour. Ce comportement est impliqué dans environ 50 décès et 4 500 blessés chaque année en Belgique. La multiplication de ces comportements s’inscrit dans un contexte de surcharge cognitive, où l’attention du conducteur se trouve divisée entre la route et les sollicitations numériques.

Des réponses politiques en cours d’évaluation
Le ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke, a annoncé la création d’un groupe de travail en collaboration avec les ministres de la Justice et de l’Intérieur, rapporte la RTBF. Ce groupe est chargé d’examiner l’usage potentiel de caméras intelligentes capables de détecter automatiquement les comportements de distraction au volant. Des ajustements législatifs sont également envisagés pour renforcer la base juridique de ces dispositifs.
En parallèle, une nouvelle opération nationale de contrôle routier a été lancée ce mardi. Elle vise spécifiquement les infractions liées à l’usage du téléphone au volant, sur l’ensemble du territoire.
Entre responsabilité individuelle et mesures collectives
Face à l’ampleur du phénomène, les autorités belges privilégient une approche combinant répression ciblée et sensibilisation du grand public. Il s’agit d’encourager un changement durable dans les habitudes de conduite. Selon les experts, seule une prise de conscience généralisée permettra de freiner cette tendance. Car en voiture, quelques secondes d’inattention peuvent suffire à provoquer un drame.








