Chute des prix du lait : les producteurs belges face à une crise sans précédent

Les producteurs de lait belges font face à une crise majeure avec la chute brutale des prix, mettant en danger l’avenir de leurs exploitations.

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Chute des prix du lait : les producteurs belges face à une crise sans précédent. Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

La chute brutale des prix du lait plonge les producteurs belges dans une profonde inquiétude. Face à une crise qui menace de devenir plus grave que celle de 2015, l’avenir du secteur semble incertain. Les prix continuent de s’effondrer, et les perspectives sont loin d’être rassurantes.

Depuis plusieurs mois, les prix du lait en Belgique connaissent une dégringolade inquiétante. Après une première baisse à 51 cents le litre en septembre, puis 49 cents en octobre et 44 cents en novembre, les prix ont franchi la barre des 35 cents fin janvier. « Nous vendions encore il y a quelques mois à plus de 55 cents. En six mois, nous avons perdu plus de 20 cents. C’est dramatique« , déclare à la RTBF Quentin Goffinet, un producteur belge, qui souligne qu’il n’a jamais connu de prix aussi bas depuis la crise de 2015.

Cette chute des prix survient dans un contexte où les coûts de production ont, eux, considérablement augmenté, notamment pour le matériel agricole, dont le prix a augmenté de 30 % depuis 2019.

Une surproduction mondiale sous pression

La cause principale de cette chute des prix réside dans une surproduction mondiale de lait, notamment aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande, qui inondent le marché international. En Europe, cette situation est exacerbée par les pressions exercées par la grande distribution qui cherche à maintenir ses marges bénéficiaires, au détriment des producteurs. « Le marché mondial est inondé« , explique une importante laiterie active en Wallonie.

« Pour survivre, nous n’avons pas le choix que d’acheter aux producteurs à ces prix. » Cela met en évidence une distorsion de pouvoir entre les grandes surfaces et les producteurs, exacerbant encore la crise.

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Une crise qui pourrait durer

Les perspectives ne sont pas rassurantes. Selon l’analyse de l’industrie, il faudra attendre au moins le deuxième semestre de 2026 avant de voir une amélioration des prix. « Certains analystes pensent que le second semestre sera effectivement meilleur« , affirme Catherine Bauraind, en charge de la filière laitière au Collège des producteurs. « D’autres penchent davantage pour une situation qui deviendrait structurelle.« 

Elle fait également référence à des facteurs comme le dérèglement climatique et la réduction des importations chinoises de lait, qui ont aggravé la situation en perturbant les marchés mondiaux. La production mondiale a augmenté de 4 % ces derniers mois, mais la demande a diminué, notamment en Chine, ce qui entraîne un excédent de lait qui pèse sur les prix.

Vers une crise plus grave que celle de 2015 ?

Pour les producteurs de lait, cette chute des prix représente un véritable coup dur. Entre la hausse des coûts de production et des prix de vente en baisse, nombreux sont ceux qui redoutent une crise plus grave encore que celle de 2015. « Si cette tendance persiste, cela va devenir très difficile à gérer« , confie un autre producteur. Les exploitations agricoles risquent de se retrouver dans une impasse économique, d’autant plus que la situation semble devenir structurelle et non temporaire.

Le Collège des producteurs de lait se montre particulièrement préoccupé par l’avenir du secteur. Alors que certains analystes évoquent une reprise possible au deuxième semestre de 2026, d’autres soulignent que les conditions actuelles pourraient entraîner une crise encore plus grave que celle de 2015. En effet, le marché du lait mondial semble saturé, et les ajustements nécessaires pour retrouver des prix compétitifs prennent du temps. De plus, les difficultés liées aux coûts de production risquent d’aggraver la situation, laissant présager des mois difficiles pour les producteurs.

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