Des rues vides en pleine journée, des magasins ouverts sans clients et des recettes proches de zéro. La grève nationale a laissé des traces visibles dans le commerce belge. Pour de nombreux indépendants, cette mobilisation a eu des conséquences immédiates et lourdes sur leur activité, ravivant des inquiétudes déjà bien présentes.
Dans de nombreuses villes, la grève nationale a profondément perturbé la fréquentation des zones commerciales. Les transports publics à l’arrêt ou fortement ralentis ont limité les déplacements, empêchant une large partie des consommateurs de se rendre dans les centres urbains.
Les commerçants situés près des gares, des stations de métro ou dans les rues commerçantes les plus fréquentées constatent une chute brutale du passage. Restaurants, cafés, commerces alimentaires, boutiques de prêt-à-porter ou enseignes de services parlent d’une journée comparable à une fermeture forcée, sans possibilité d’anticipation ni de compensation.
Une baisse immédiate du chiffre d’affaires
Les fédérations de commerçants évoquent un impact direct sur le chiffre d’affaires, parfois qualifié de catastrophique. Pour de nombreux indépendants, une journée de ventes perdues ne se récupère pas. Les repas non servis, les achats non réalisés ou les rendez-vous annulés ne se reportent pas automatiquement les jours suivants.
Cette situation pèse particulièrement sur les petites structures, déjà fragilisées par la hausse des coûts de l’énergie, des loyers commerciaux et des charges salariales. Même en l’absence de clients, les frais fixes restent inchangés, ce qui met la trésorerie sous pression.
Une lassitude croissante chez les indépendants
Si les commerçants reconnaissent le droit de grève, beaucoup expriment une forme de lassitude face à des mouvements sociaux dont ils subissent les conséquences sans y être associés. Ils soulignent que les commerces de proximité figurent parmi les premiers touchés, alors qu’ils disposent de marges de manœuvre limitées.
Certains dénoncent également l’absence de dispositifs spécifiques pour amortir l’impact économique de ces journées. Contrairement à d’autres crises récentes, aucune mesure de soutien n’est prévue pour compenser les pertes liées aux grèves nationales, même lorsque celles-ci se répètent.
Des effets variables selon les régions et les secteurs
L’impact de la grève n’a pas été identique partout. Les centres urbains fortement dépendants des transports publics ont enregistré les pertes les plus importantes. À l’inverse, certaines zones rurales ou commerciales accessibles principalement en voiture ont parfois mieux résisté.
Les secteurs liés à l’horeca et aux services de proximité apparaissent parmi les plus touchés, tandis que certaines grandes surfaces ou commerces spécialisés ont limité les dégâts grâce à une clientèle plus motorisée, explique la RTBF.
Un avertissement pour le commerce local
Pour les organisations professionnelles, cette grève nationale met en lumière la fragilité du commerce local. Dans un contexte marqué par la pression sur le pouvoir d’achat, la concurrence du commerce en ligne et l’évolution des habitudes de consommation, chaque journée d’activité réduite accentue les difficultés.
Les représentants du secteur appellent à une réflexion sur la prise en compte des conséquences économiques des mouvements sociaux, afin d’éviter que les indépendants ne deviennent les victimes collatérales d’un climat social tendu.








