Les PME bruxelloises généralisent le télétravail face aux grèves

À Bruxelles, les PME adoptent plus facilement le télétravail en cas de grève, révélant des différences marquées avec le reste du pays.

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Les PME bruxelloises généralisent le télétravail face aux grèves. Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Face aux grèves des transports publics, les petites et moyennes entreprises ne réagissent pas toutes de la même manière. À Bruxelles, le recours au télétravail s’impose plus largement qu’ailleurs en Belgique, révélant des différences structurelles et géographiques dans l’organisation du travail.

Les PME bruxelloises sont plus exposées que les autres aux effets des perturbations de mobilité. Ce constat ressort à nouveau d’une enquête récente menée par SD Worx auprès de 535 entreprises belges. Lorsqu’un mouvement de grève paralyse les transports publics, ces entreprises sont plus nombreuses à réactiver le travail à distance, pour assurer la continuité de leurs activités.

La situation contraste avec celle de la Flandre ou de la Wallonie, où la réponse à ces blocages est moins systématique. Dans ces régions, les grèves n’entraînent pas les mêmes conséquences sur le fonctionnement des entreprises, en raison d’une dépendance moindre aux transports en commun et d’un recours plus généralisé à la voiture.

Des adaptations sectorielles différenciées

Dans l’industrie et le bâtiment, où le télétravail reste difficilement applicable, les entreprises s’adaptent autrement. Certaines revoient leur planning, d’autres avertissent leurs clients de potentiels retards, ou modifient leur rythme de production pour s’aligner sur les absences, indique la RTBF.

Georges Verleyen, directeur Wallonie-Bruxelles chez SD Worx, souligne que ces ajustements relèvent avant tout d’une gestion pragmatique. Les entreprises ne manifestent pas de lassitude particulière face aux grèves, mais composent avec une réalité logistique qui touche plus durement certains secteurs que d’autres.

Une approche plus structurelle à Bruxelles

Les entreprises bruxelloises semblent avoir davantage institutionnalisé le télétravail comme réponse à l’instabilité des transports. Dans un environnement urbain dense, avec une main-d’œuvre fortement dépendante des transports collectifs, ce choix se traduit par une meilleure réactivité opérationnelle.

L’expérience accumulée depuis la crise sanitaire a aussi renforcé cette approche. Le télétravail s’est imposé comme un levier durable d’organisation, permettant de limiter les effets des blocages et d’absorber plus facilement les pics d’absentéisme.

Une variable à intégrer dans la gestion RH

L’étude de SD Worx rappelle que les pratiques de gestion des ressources humaines doivent s’adapter aux réalités locales. Bruxelles, plus exposée aux interruptions de mobilité, se distingue par une flexibilité renforcée, là où d’autres régions continuent de privilégier des modèles plus traditionnels.

À moyen terme, ces écarts pourraient influencer la façon dont les entreprises conçoivent l’organisation du travail, entre anticipation des risques sociaux et capacité à maintenir l’activité malgré les aléas externes.

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