Après plusieurs mois de répit, le gaz refait parler de lui. En janvier, les prix repartent à la hausse sur les marchés européens, ravivant les inquiétudes chez les consommateurs. Sans entrer dans le détail des chiffres, le regain de tension observé depuis le début de l’année suffit à relancer les changements de contrats, dans un climat marqué par l’incertitude énergétique.
Le mois de janvier a vu les prix du gaz naturel progresser nettement en Europe. Le tarif de référence, le TTF néerlandais, a franchi la barre des 40 euros le mégawattheure, un niveau inédit depuis l’été dernier. Depuis le 2 janvier, le prix est passé de 29 à près de 39 euros, ce qui représente une hausse de plus de 30 % en l’espace de quelques semaines. Cette remontée s’inscrit dans un phénomène récurrent en période hivernale, mais certains signaux externes ont accentué la tendance.
Une dynamique saisonnière renforcée par les tensions
Chaque année, l’hiver entraîne une augmentation de la demande en gaz, notamment pour le chauffage résidentiel. Cette année, le phénomène est aggravé par une baisse des stocks européens, alors que la consommation repart à la hausse. Les pays cherchent à préserver un niveau de réserve suffisant, ce qui limite l’offre disponible à court terme. Résultat : les tensions sur l’offre font mécaniquement grimper les prix sur les marchés de gros.
Un contexte géopolitique toujours incertain
Outre les raisons saisonnières, les inquiétudes géopolitiques pèsent également sur le marché. Les tensions persistantes en Ukraine, les risques accrus au Proche-Orient et les incertitudes autour des capacités d’exportation de certains grands producteurs comme les États-Unis ou le Qatar participent à cette volatilité. Même si les approvisionnements ont été diversifiés depuis 2022, les prix du gaz restent très sensibles aux événements extérieurs, notamment sur le marché du gaz naturel liquéfié (GNL).
Face à cette hausse, les changements de contrat de fourniture se multiplient. De nombreux consommateurs cherchent à sécuriser leur facture en optant pour des formules à prix fixe, ou en comparant les offres via des plateformes spécialisées, rapporte DHNet. Les fournisseurs constatent une hausse nette des simulations et des demandes de transfert depuis le début du mois. Ce réflexe de précaution montre une volonté croissante de se prémunir contre les variations de prix imprévisibles.
Vers une accalmie ou une nouvelle flambée des prix du gaz ?
L’évolution des prix dans les prochaines semaines dépendra principalement des conditions météorologiques. Un hiver doux pourrait ralentir la consommation et soulager les stocks. À l’inverse, une vague de froid ou une crise d’approvisionnement pourrait renforcer la pression sur les marchés. Dans tous les cas, cette situation rappelle la fragilité structurelle des marchés énergétiques européens, encore soumis aux aléas climatiques et géopolitiques, malgré les efforts de diversification entrepris depuis la crise de 2022.







