Le poulet reste l’une des viandes les plus consommées en Belgique, mais son origine échappe souvent aux consommateurs. Entre production insuffisante, étiquetage flou et importations massives, manger belge relève du casse-tête.
Dans les rayons belges, le poulet est omniprésent, sous toutes ses formes. Mais selon les données disponibles, la Wallonie consomme deux fois plus de volaille qu’elle n’en produit. Ce déséquilibre rend la Belgique fortement dépendante des importations, qui proviennent majoritairement de Flandre, des Pays-Bas et de Pologne, cette dernière étant le principal exportateur de volaille en Europe.
En Wallonie, un poulet sur deux est importé, indique RTL Info. Et selon les professionnels du secteur, cette proportion pourrait même être sous-estimée, compte tenu du manque de transparence sur certains produits transformés.
Une origine du poulet difficile à tracer
L’absence fréquente de mention claire du pays d’origine sur les emballages contribue à cette opacité. En effet, la réglementation européenne n’impose pas systématiquement d’indiquer la provenance pour les produits transformés, comme les nuggets ou les viandes surgelées. Résultat : une partie du poulet vendu en supermarché pourrait provenir de pays hors Union européenne, comme l’Ukraine ou l’Amérique du Sud, sans que le consommateur en ait connaissance.
Pour Thomas Demonty, conseiller en productions animales à la Fédération wallonne de l’agriculture (FWA), certains pays voisins réimportent même du poulet depuis des pays tiers pour ensuite les revendre en Belgique, complexifiant encore la traçabilité.
Une question de coût
Les produits importés présentent un coût de production nettement inférieur à celui pratiqué en Belgique. En cause : des normes sanitaires, sociales et environnementales moins exigeantes. Dans certaines exploitations industrielles à l’étranger, jusqu’à 600 000 poulets peuvent être élevés sur un même site.
Cette différence de coût explique pourquoi le poulet 100 % wallon reste marginal dans les rayons classiques. Pour en consommer, il faut se tourner vers des circuits courts ou spécialisés, où le prix atteint 15 euros/kg pour un élevage au sol, et jusqu’à 24 euros/kg pour un élevage extérieur, selon les professionnels du secteur.
Une production locale en développement freiné
Malgré une hausse de 40 % des élevages de volailles en Wallonie sur les dix dernières années, l’autosuffisance reste hors de portée. Les projets de nouveaux poulaillers sont régulièrement confrontés à des blocages politiques ou à l’opposition des riverains, freinant l’expansion d’une production locale pourtant en demande.








