La réforme du chômage engagée par le gouvernement fédéral se heurte à un point sensible : le sort réservé aux personnes médicalement inaptes au travail. Alors que la majorité fédérale débat des modalités du futur système, Vooruit et CD&V réclament des garanties pour protéger ce public vulnérable.
Hilde Crevits, ministre flamande de l’Économie sociale (CD&V), propose la création d’un statut distinct pour les personnes considérées comme non mobilisables par le marché de l’emploi. Ces citoyens ne pourraient pas être soumis aux règles classiques du chômage en raison de leur état de santé. Le projet viserait à leur garantir un revenu de remplacement plus adapté, en dehors du circuit de contrôle et d’activation lié au chômage traditionnel.
Son cabinet indique avoir entamé des discussions avec celui de Freya Beenders (Vooruit), en charge de cette compétence au niveau fédéral. Il s’agirait d’officialiser un cadre juridique séparé, qui reconnaîtrait explicitement la spécificité de ces profils.
Un débat de fond sur la méthode
La sortie médiatique de la ministre CD&V a suscité une réaction rapide de Vooruit. La députée Anja Vanrobaeys rappelle que son groupe a déjà déposé une proposition de loi en décembre 2025, précisément pour protéger ces personnes dans le cadre de la réforme. Selon elle, des avancées concrètes ont déjà été obtenues par les ministres Frank Vandenbroucke et Freya Beenders, tous deux membres de Vooruit.
Le texte prévoit la mise en place d’une allocation de sauvegarde pour environ 3 000 personnes identifiées comme non mobilisables, rapporte Sudinfo. Vooruit demande aux autres partenaires de respecter le processus parlementaire engagé, estimant que les annonces parallèles risquent de brouiller le message et de politiser inutilement un sujet socialement sensible.
Une réforme du chômage à l’équilibre encore fragile
La réforme fédérale du chômage vise à renforcer la dynamique de retour à l’emploi, notamment par un encadrement plus strict de la durée et du montant des allocations. Cette orientation suscite des interrogations au sein de la majorité, en particulier quant à ses effets sur les publics les plus fragiles. Le cas des malades de longue durée et des personnes en situation de handicap reste au cœur des préoccupations.
Aucune décision définitive n’a encore été prise sur l’architecture du futur dispositif. Le sort réservé aux non mobilisables pourrait devenir un élément structurant des prochains arbitrages. La volonté de préserver un équilibre entre activation et solidarité fait l’objet de tensions croissantes au sein de la coalition, à quelques mois de l’échéance électorale.








