Une grève nationale perturbera le réseau ferroviaire belge durant cinq jours, à l’initiative des syndicats du rail. Au cœur du conflit : une réforme structurelle du personnel ferroviaire, qui cristallise des désaccords profonds entre gouvernement et syndicats.
À partir du dimanche 25 janvier à 22h jusqu’au vendredi 30 janvier à 22h, une grève nationale est annoncée sur le réseau ferroviaire belge. Le mouvement est soutenu par un front syndical élargi, qui entend dénoncer la réforme validée fin décembre 2025 par le gouvernement fédéral dit « Arizona ».
Cette action est la réponse directe à l’adoption d’un avant-projet de loi portant sur la modernisation de la gestion du personnel des chemins de fer belges, dont les syndicats refusent les principes fondateurs.
Une réforme structurelle contestée par les syndicats du rail
Le texte prévoit la fin des recrutements statutaires à partir de juin 2026. Les agents nommés conserveront leur statut, mais les nouveaux embauchés ne bénéficieront plus de la protection liée à ce régime. Le gouvernement invoque une nécessité d’adapter la SNCB à la concurrence européenne prévue pour 2032 dans le transport de voyageurs.
Selon le ministre de la Mobilité Jean-Luc Crucke (Les Engagés), le système actuel ne permet plus de répondre « avec la souplesse nécessaire aux défis de demain« , rapporte la RTBF. Le rôle de HR Rail sera également redéfini, se limitant à des fonctions administratives.
Un désaccord persistant malgré les négociations
Des réunions ont été organisées en janvier entre les syndicats et les ministères concernés. Aucun compromis n’a été trouvé, les propositions gouvernementales ayant été rejetées par les affiliés. Le ministre de la Mobilité a confirmé que la réforme serait poursuivie, malgré le blocage.
Le dossier des pensions est venu renforcer la tension : le projet de report de l’âge de départ à la retraite pour les cheminots a ravivé le mécontentement. Les discussions avec le ministre des Pensions Jan Jambon (N-VA) n’ont pas permis d’avancer.
Des conséquences attendues sur la circulation et les usagers
Aucun service minimum n’est prévu, comme souvent en Belgique pour les grèves dans les services publics. La circulation des trains sera fortement perturbée pendant toute la semaine, avec des conséquences sur les trajets domicile-travail, le fret et la ponctualité du réseau.
Les syndicats annoncent qu’ils resteront mobilisés tant que le gouvernement n’ouvrira pas une renégociation globale sur le statut et les conditions de fin de carrière des cheminots. Le gouvernement, de son côté, mise sur une réforme « nécessaire » et « inéluctable ».








