Malgré un marché de l’emploi globalement stable, le nombre de flexijobs ne cesse d’augmenter en Belgique. Le phénomène, initialement lié au secteur de l’horeca, s’étend à d’autres domaines et traduit un ajustement discret mais profond du monde du travail.
Selon les chiffres de l’ONSS, entre le deuxième trimestre 2024 et la même période en 2025, le nombre de flexijobeurs a augmenté de 17,8 %, les postes pourvus de 18,02 %, et le volume total d’heures de 21,38 %. Depuis la fin de la crise sanitaire, cette forme d’emploi a été multipliée par trois.
Le système, lancé fin 2015, concernait uniquement l’horeca. Il a été progressivement élargi à de nombreux secteurs : commerces, salons de beauté, pompes funèbres, agriculture, transport, événementiel ou encore enseignement. La liste continue de s’allonger.

Une solution à la pénurie de main-d’œuvre et aux coûts salariaux
Initialement destiné à réduire le travail au noir dans certains secteurs, le flexijob est devenu un levier de recrutement face à la pénurie de personnel qualifié. Les entreprises concernées, notamment dans le transport routier ou les services logistiques, y voient un outil de flexibilité, malgré la hausse des cotisations sociales à 28 % depuis 2024.
Les conditions de travail — horaires en soirée, temps partiel, week-ends — rendent ce statut adapté à des emplois complémentaires, peu attractifs sous contrat classique.
Une réponse directe à la perte de pouvoir d’achat
L’inflation des dernières années et la limitation de l’indexation salariale pèsent sur les revenus de nombreux ménages. Dans ce contexte, le flexijob permet à certaines catégories de population — pensionnés, familles monoparentales, jeunes actifs — de compléter leur revenu, explique Le Soir.
Le système autorise un revenu net non imposé jusqu’à 18 000 € par an, ce qui en fait une option viable pour maintenir un niveau de vie, sans modifier le statut fiscal ou social principal du travailleur.
L’engouement autour des flexijobs renforcé par les incertitudes économiques
Les perspectives économiques pour 2026, selon l’Ires, restent modestes : une croissance prévue à 1 %, affectée par la réforme du chômage, les mesures budgétaires restrictives et une demande extérieure affaiblie. Dans ce climat, les employeurs privilégient une main-d’œuvre à temps partiel, rapidement ajustable, tandis que les salariés cherchent à sécuriser leur revenu.
Pour les travailleurs proches de la retraite ou les indépendants en activité réduite, le flexijob constitue aussi un moyen de rester actifs, sans contrainte contractuelle lourde.








