Le prix des appareils informatiques pourrait connaître une envolée brutale dès 2026. La pression exercée par les géants de la tech sur la chaîne de production mondiale bouleverse les équilibres traditionnels du marché. Ordinateurs, smartphones et composants de base risquent de devenir inabordables pour une partie du public.
En quelques mois, les prix des barrettes de RAM ont doublé, voire triplé. Un kit de 32 Go qui se vendait autour de 100 euros l’été dernier dépasse désormais les 200 euros. Ce phénomène, loin d’être conjoncturel, est poussé par une tendance lourde : la consommation massive de mémoire par les infrastructures d’intelligence artificielle.
Les centres de données construits à grande échelle par Microsoft, Google ou OpenAI absorbent d’énormes quantités de mémoire dite HBM (High Bandwidth Memory), bien plus complexe à produire. Ce réajustement des chaînes de production provoque un raréfaction de la mémoire standard, celle utilisée dans les PC et smartphones du grand public.
Une production concentrée entre trois acteurs
Le marché de la mémoire est verrouillé par trois groupes : Samsung, SK Hynix et Micron. Ensemble, ils détiennent plus de 90 % de la production mondiale. Face à la montée en puissance des besoins professionnels, ces fabricants privilégient les clients les plus rentables, souligne Le Soir.
Micron, par exemple, a annoncé l’arrêt de sa gamme Crucial destinée aux particuliers, pour mieux répondre à la demande des data centers. Ce recentrage industriel rend la mémoire classique plus chère et moins disponible.
Les ordinateurs assemblés, premières victimes
La hausse de prix touche en priorité ceux qui assemblent eux-mêmes leurs ordinateurs. Les composants achetés au détail sont directement soumis à la pression du marché. En revanche, les marques comme Apple, Lenovo ou Dell sont pour l’instant épargnées, grâce à des contrats pluriannuels sécurisant les approvisionnements.
Mais ces accords ont une durée limitée. Dès qu’ils devront être renégociés, les prix des PC portables et fixes pourraient à leur tour grimper. Le phénomène pourrait aussi affecter les modèles d’entrée de gamme, dont la compétitivité repose sur un équilibre très serré entre coûts de production et prix final.
Shrinkflation et baisse de qualité à prévoir
Faute de pouvoir maintenir des prix accessibles, les fabricants pourraient opter pour une shrinkflation : vendre des ordinateurs avec moins de mémoire pour le même tarif. Cette stratégie est déjà évoquée par des responsables d’entreprises comme HP, qui anticipent une réduction des performances sur certains modèles à venir.
Les smartphones pourraient eux aussi subir ces arbitrages. Les constructeurs chinois, qui valorisent la RAM dans leurs modèles bon marché, risquent de devoir augmenter leurs prix ou réduire leur offre.
Les prix des appareils informatiques instables jusqu’en 2028
Selon le cabinet IDC, aucune stabilisation n’est attendue avant fin 2027, voire 2028. Cela signifie que toute personne envisageant un renouvellement d’équipement devra faire un choix rapide, au risque de payer beaucoup plus cher dans les mois à venir. L’avenir du matériel informatique grand public semble désormais étroitement lié à celui de l’intelligence artificielle.








