Le gouvernement fédéral belge entérine une réforme sociale sensible. En modifiant les règles liées au statut de cohabitant, l’exécutif vise des économies ciblées. Mais la mesure, contestée sur le fond comme sur la forme, suscite un large débat dans le monde associatif et politique.
À partir du 1er mars 2026, les règles relatives à l’aide sociale en Belgique seront modifiées. Le gouvernement fédéral a confirmé le durcissement du statut de cohabitant, une disposition qui encadre le niveau des aides octroyées aux personnes vivant sous un même toit. Cette décision concerne principalement le revenu d’intégration sociale (RIS) versé par les CPAS (Centres publics d’action sociale), mais pourrait avoir des effets plus larges sur d’autres formes de soutien social.
La nouvelle réglementation prévoit que les cohabitants recevront une aide réduite, par rapport aux personnes isolées, même lorsqu’il n’existe aucun lien économique direct entre eux. Le montant du RIS pour cohabitant restera donc inférieur à celui d’un bénéficiaire isolé, quelle que soit la composition réelle du ménage.
Le Conseil d’État désapprouve la réforme du statut de cohabitant
Le Conseil d’État a pourtant rendu un avis négatif sur cette réforme. Dans son analyse, l’institution juridique met en cause le principe d’égalité de traitement, soulignant que le statut de cohabitant peut entraîner des injustices concrètes, notamment pour les personnes qui hébergent un proche sans recevoir d’aide financière en retour.
Malgré ces observations, le gouvernement a choisi de maintenir la mesure, en l’inscrivant dans une logique de responsabilisation budgétaire. L’exécutif affirme vouloir éviter les cumuls d’aides dans un même foyer, afin de mieux cibler les ressources publiques.
Des critiques dans le secteur social
La réforme suscite une vive opposition dans les milieux associatifs et syndicaux. Plusieurs organisations de lutte contre la pauvreté estiment que cette décision pénalise les formes de solidarité informelle, en dissuadant les citoyens de cohabiter pour faire face à des difficultés économiques. Le Parti socialiste, Ecolo et d’autres formations de gauche ont demandé le retrait de la mesure, jugée socialement injuste.
Des voix s’élèvent aussi pour réclamer la suppression pure et simple du statut de cohabitant, considéré comme obsolète et source d’inégalités dans l’accès aux droits sociaux. Ce débat n’est pas nouveau, mais il prend une ampleur particulière avec la généralisation des situations de précarité et de logement partagé.
Une réforme qui s’inscrit dans une stratégie plus large
Le gouvernement justifie cette décision comme faisant partie d’un plan plus global de rationalisation des dépenses sociales. D’autres mesures similaires pourraient suivre dans les mois à venir. Pour les bénéficiaires concernés, les CPAS devront adapter les montants versés à partir du mois de mars.








