Grève à la SNCB : pourquoi les syndicats veulent paralyser le rail pendant cinq jours

Une grève d’une semaine se profile à la SNCB fin janvier, laissant les usagers dans l’attente de précisions sur les perturbations à venir.

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Grève à la SNCB : les syndicats veulent bloquer le rail pendant cinq jours. Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Belgique

Une grève ferroviaire de grande ampleur est annoncée en Belgique. La SNCB se prépare à un mouvement social inédit qui risque de perturber fortement le trafic. Les voyageurs restent sans visibilité à quelques jours du début de l’action.

Les syndicats du rail belge ont déposé un préavis de grève nationale couvrant cinq jours, du dimanche 25 janvier à 22 heures au vendredi 30 janvier à 22 heures. Cette action concernera l’ensemble du personnel de la SNCB et d’Infrabel, les deux entreprises publiques en charge du transport ferroviaire et de l’infrastructure. Elle s’inscrit dans un conflit social ouvert avec le gouvernement fédéral, à la suite de l’approbation d’un projet de loi très contesté.

Selon les premières informations rapportées par Le Soir, le mouvement devrait être organisé par catégorie de personnel, avec des jours de grève distincts pour chaque service (conducteurs, accompagnateurs, maintenance, etc.). Les modalités exactes seront précisées dans les jours à venir. La SNCB s’est engagée à mettre en place un service minimum, mais les détails des trains maintenus ou annulés ne seront connus que quelques jours avant le début du mouvement.

Une contestation des syndicats de la SNCB liée à un projet de réforme structurelle

Le cœur du mécontentement syndical repose sur un projet de loi porté par le ministre de la Mobilité Jean-Luc Crucke (Les Engagés). Ce texte, adopté par le gouvernement juste avant les fêtes de Noël, prévoit notamment la fin du statut de titulaire à vie dans les entreprises ferroviaires à partir de juin 2026.

Pour les organisations syndicales, cette mesure mettrait en péril la sécurité ferroviaire en réduisant la capacité de l’entreprise à conserver son savoir-faire et à protéger les agents dans des situations sensibles. Elles estiment qu’un employé non titulaire pourrait être plus vulnérable aux pressions hiérarchiques, y compris dans des cas où la sécurité serait en jeu.

Un climat social sous tension dans le secteur public

Autre point de crispation : le texte prévoit une modification des règles de concertation sociale. Jusqu’à présent, les décisions importantes au sein de la commission paritaire nécessitaient une majorité qualifiée des deux tiers, incluant au moins un syndicat. À l’avenir, HR Rail pourrait décider seul, ce qui fait craindre une perte de pouvoir pour les représentants du personnel sur des sujets tels que les horaires, le temps de travail ou l’organisation interne.

Cette grève s’inscrit dans un contexte social plus large en Belgique, où plusieurs services publics expriment leur opposition à des réformes structurelles jugées unilatérales. Le secteur ferroviaire, en particulier, reste sensible à toute remise en cause du statut des agents ou du dialogue social. Les négociations entre syndicats et direction sont prévues avant la date du mouvement, mais aucun compromis n’a été annoncé à ce stade.

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