La facture des médicaments remboursés par l’assurance maladie belge a connu une forte hausse en 2024. Ce sont principalement les soins hospitaliers qui pèsent sur les comptes publics, selon les données dévoilées par le rapport Morse.
Le rapport Morse, publié ce mardi par l’Institut national d’assurance maladie-invalidité (Inami), fait état d’une dépense brute de 7,9 milliards d’euros en médicaments pour l’année 2024. Après déduction des contributions des entreprises pharmaceutiques, les dépenses nettes atteignent 5,6 milliards, ce qui représente une augmentation de 6,6 % par rapport à 2023.
Ces chiffres confirment une dynamique ascendante préoccupante pour le système de santé. La progression annuelle brute est quant à elle estimée à 9,6 %, un niveau rarement observé ces dernières années.
L’hôpital comme principal moteur de la hausse de la facture des médicaments remboursés
L’analyse du rapport met en lumière le poids croissant des médicaments administrés dans les établissements hospitaliers. Ces produits, souvent très spécialisés et coûteux, représentent une part importante de l’augmentation globale. Les soins en oncologie, en hématologie et les traitements innovants dans d’autres domaines spécialisés sont parmi les plus coûteux, indique La Libre.
Ce transfert des dépenses vers l’hôpital pose des questions sur l’organisation des soins et l’accessibilité financière des traitements les plus récents.
La pression reste forte malgré les compensations
Malgré les mécanismes de reversements et de compensations négociés avec les entreprises pharmaceutiques, le système peine à contenir la progression des coûts. Ces mécanismes, censés réduire l’impact budgétaire de certains traitements très onéreux, ne suffisent pas à endiguer la tendance structurelle à la hausse.
Le financement de ces dépenses reste assuré par l’assurance soins de santé, alimentée par les cotisations sociales. Mais la soutenabilité du système pourrait être remise en cause si ces évolutions se poursuivent au même rythme.
Vers un nécessaire réexamen des priorités ?
La publication du rapport intervient dans un contexte de réflexions plus larges sur le financement de la santé en Belgique. La Cour des comptes, le Conseil supérieur de la santé et plusieurs syndicats médicaux ont récemment pointé la nécessité d’optimiser les prescriptions, de renforcer l’usage des médicaments génériques et d’évaluer les traitements coûteux sur base de leur efficacité réelle.
La progression des dépenses soulève également des questions d’équité dans l’accès aux soins, alors que tous les patients ne bénéficient pas de la même manière de ces traitements hospitaliers innovants.








